Analyse
Les pays émergents tremblent ! il y a 3 ans - mardi 4 février 2014

Le début d’année a été mouvementé pour les pays émergents.

Les pays émergents accumulent les problèmes : ralentissement économique, crises politiques, fuites des capitaux, chutes des devises…

 

L’Argentine a assisté impuissante à un recul du peso de 17 % depuis le début de l’année. Combiné au resserrement de la politique monétaire aux USA et aux tensions politiques et sociales en Turquie, en Thaïlande, cela a provoqué un début de panique sur les émergents.

 

Certains marchés sont cependant parvenus à contrer la panique : au Mexique et en Corée, le peso et le won sont restés quasi stables face à l’euro. En Indonésie, la rupiah a gagné 1,8 %. L’inde, très touchée lors du premier sursaut sur les marchés émergents pendant l’été, s’en est cette fois bien sortie (+1 %); la hausse des taux directeurs vers 8 % a permis à la roupie de terminer le mois à l’équilibre. Le Brésil, où les taux augmentent aussi (vers 10,5 %), limite les dégâts, avec moins de 0,5 % de perte.

 

La Turquie, très touchée ces dernières semaines, a vu sa banque centrale changer son fusil d’épaule. Pendant longtemps, elle avait privilégié la croissance à tout prix, pariant sur le fait que la chute de la livre se traduirait par une plus grande compétitivité pour les produits turcs. Mais face à la ruée des investisseurs vers la sortie, les taux directeurs ont été relevés en une seule fois de 4,5 % vers 10 %. Les prochaines semaines nous diront si les marchés verront là un signe fort des autorités ou si ce changement soudain nuira à leur crédibilité. La livre a cédé moins de 3 % depuis le 1er janvier.

 

En Afrique du sud, la banque centrale a eu beaucoup de mal à rassurer les marchés. Certes, elle a procédé aussi à une hausse des taux. Mais à 5,5 %, ses taux sont nettement plus bas que ceux du Brésil, alors qu’à 5,4 % en décembre, l’inflation y est comparable. Le rand a donc été fort pénalisé (-4,2 % depuis le début d’année) et il y a fort à parier que les autorités seront obligées d’intervenir encore pour soutenir leur devise et empêcher l’envol de l’inflation.

 

Les devises émergentes n’ont pas été les seules sur la sellette: au Canada, le dollar a perdu 2,6 % face à l’euro. A l’heure où le resserrement de la politique monétaire devient la norme, les craintes de la Banque du Canada quant au danger de déflation et de croissance morose forcent le pays à laisser ses taux inchangés et à n’exclure aucune possibilité pour l’avenir (y compris d’éventuelles baisses de taux).

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