Analyse
L’Italie n’a pas tourné la page de la crise il y a 3 ans - jeudi 27 février 2014

Les maux de l’Italie sont identifiés et les remèdes commencent à être acceptés, mais le chemin des réformes sera encore semé d’embûches.

Le pays n'est guère intéressant pour l’investisseur. La Bourse de Milan est très chère. Aucune des actions italiennes que nous suivons ne mérite d’être achetée. Les obligations n'ont pas de quoi séduire (taux retombés à des niveaux très faibles).
Pour répartir vos investissements en dehors de la zone euro, consultez
nos portefeuilles

 

Cascade de chefs

Depuis novembre 2011 et la chute du gouvernement Berlusconi, l’Italie n’a jamais vraiment retrouvé la normalité. Mario Monti a été chef du gouvernement de novembre 2011 à avril 2013. Son équipe de technocrates a mis en place une politique d’austérité pour calmer la tempête obligataire (les taux grimpaient en flèche), mais sa fragile majorité n’a pas résisté à la rigueur. Candidat à sa propre succession, il a été désavoué par les urnes et a cédé le relais à Enricco Letta. Chargé de mettre en œuvre rapidement des réformes cruciales, notamment au niveau de la loi électorale, Letta n’a pas tenu ses promesses. Désavoué par son propre parti, il a cédé le flambeau à Matteo Renzi.

Mêmes défis

Matteo Renzi est le symbole d’une nouvelle génération qui veut tourner la page des pratiques du passé. Avec un agenda serré, il veut commencer par la révision de la loi électorale (qui conduit presque systématiquement à une impasse politique). Ensuite, il s’attaquera à la modernisation du marché du travail pour faire baisser le taux de chômage. Enfin, bureaucratie, administration publique et fiscalité subiront une remise à niveau. Ce ne sera pas facile, mais donner une nouvelle impulsion par un changement de gouvernement était peut-être la solution. La nouvelle équipe dirigeante commencera en outre son travail sous une double bonne étoile.

Embellie économique et financière

Après huit trimestres consécutifs de baisse et une période de stagnation, au quatrième trimestre 2013, le PIB italien a progressé de 0,1 % par rapport au trimestre précédent. Néanmoins, sur l’ensemble de 2013, il perd 1,9 %. Pour 2014, une légère croissance est attendue mais l’activité économique accuse toujours un retard de 9 % par rapport à son sommet de 2007. L’économie italienne, très dépendante du commerce extérieur, manque de dynamisme. Le chômage et les salaires qui stagnent pénalisent la consommation. Du côté des entreprises, la faiblesse de la demande et les surcapacités freinent les investissements. Pour relancer la machine, le gouvernement devra réussir sa réforme du marché du travail, remettre à plat la fiscalité et inciter les entreprises à investir. Il bénéficiera cependant d’un environnement obligataire favorable (taux à 10 ans à 3,6 %, contre 7 % à l’arrivée de Monti et ±5 % lors des élections 2013).

 

Partagez cet article