Analyse
Tourmente des pays émergents = nouvelles possibilités ? il y a 3 ans - mercredi 5 février 2014

Les devises des pays émergents sont frappées de plein fouet, obligeant les autorités à relever les taux. Une évolution qui offre de nouvelles opportunités à l’investisseur.

Si vous en acceptez le risque, investissez en obligations en real brésilien, pour 5 % de vos avoirs. Achetez la sicav obligataire HSBC GIF Brazil Bond, investie en emprunts de l’État brésilien ou une obligation en real, comme celle émise par Nordic Investment Bank (ISIN : XS0879438793), qui offre 6 % brut, mais un rendement net de 8,02 %, vu le prix d’achat de 93,75 % (frais compris).

 

Victimes de la Fed

Face à la crise, la banque centrale américaine avait lancé un vaste programme d’achats d’actifs pour maintenir les taux à un niveau faible et soutenir l’économie. Les investisseurs ont alors préféré placer leurs liquidités dans les pays émergents. Une source de capitaux bienvenue pour nombre d’entre eux, qui ne disposent pas d’une épargne suffisante pour leurs investissements. Mais maintenant que l’économie américaine va mieux, la Fed va diminuer ces achats d’actifs. Aussi, face à des taux américains en hausse, les investisseurs rapatrient leurs avoirs aux USA.

 

Hausse des taux

Les plus touchés sont les pays très dépendants du financement extérieur (Turquie, Inde, Brésil, Afrique du Sud). Le seul remède consiste à offrir des rendements assez élevés pour compenser les risques. La banque centrale brésilienne a ainsi relevé ses taux directeurs à 10,5 % et annoncé qu’elle n’en resterait pas là... La Turquie a quant à elle fait passer son taux directeur de 4,5 à 10 % ! Ces banques centrales ont ainsi lancé une course au rendement et les capitaux s’orienteront vers les pays qui sauront concilier taux élevé et politique crédible. La politique s’étendra peu à peu à tout le monde émergent, nuisant ainsi plus encore à une croissance déjà minée par le recul des prix des matières premières.

 

Autres causes

La Fed n’est pas seule responsable. Bon nombre de pays émergents n’ont pas su mettre les années de crédit bon marché à profit pour régler leurs problèmes et les investisseurs se demandent à présent s’ils auront les moyens de le faire, vu que le coût du crédit augmente. Viennent ensuite aussi des facteurs d’ordre politique ou social (Turquie, Ukraine, Thaïlande).

 

A saisir

Certaines devises émergentes ne sont pas à l’abri d’un nouveau choc, mais après la correction subie depuis un an, elles intègrent déjà des scénarios pessimistes. Il existe donc des opportunités. C’est le cas du real brésilien. Certes, nous prévoyons pour le Brésil une inflation à long terme proche de 5 %, ce qui devrait peser sur la devise. Mais le cours en tient déjà partiellement compte. Le rendement des obligations (7 à 10 % selon la durée) semble donc compenser le risque.

 

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