Analyse
Chili : le moins risqué d’Amérique latine il y a 3 ans - jeudi 13 mars 2014

Grâce à sa stabilité économique et institutionnelle, le Chili est le pays le moins risqué d’Amérique latine. Pourtant, certains en doutent.

Les performances boursières des dernières années ont été décevantes.
Il est certes trop tôt pour repasser à l'achat. Mais vendre après la correction des douze derniers mois n'est pas plus opportun. Si vous aviez investi, sur nos conseils, dans le fonds fermé Aberdeen Chile Fund ou le tracker iShares MSCI Chile Investable Market Index Fund, conservez en attendant un rebond.

 

Géant du cuivre

Le Chili, qui assure un tiers de la production mondiale de cuivre, reste très dépendant du métal rouge (13 % du PIB, 60 % des exportations !). Mais il a bien géré l’explosion de la demande chinoise et les profits tirés de la flambée du prix du cuivre ont été placés dans deux fonds souverains. Résultat, un excédent budgétaire et extérieur de 2004 à 2010 et une crise mondiale plutôt bien surmontée. Toutefois, malgré une croissance proche de 6 % de 2010 à 2012, l’évolution de la Bourse a été décevante.

 

Secteur minier fragilisé

La croissance économique, qui a fait chuter le chômage à 5,7 % en décembre, et des tensions sur le marché du travail ont provoqué une hausse des salaires. Et le boom économique, qui a attiré les investisseurs étrangers, a entraîné une appréciation du peso chilien. Deux éléments qui ont érodé la compétitivité des entreprises. Dans la plupart des mines, les coûts d’exploitation augmentent. De plus, l'infrastructure énergétique n'ayant pas été suffisamment adaptée au boom de la demande, les industries souffrent de coupures d’électricité et d’un doublement du prix de l’électricité en dix ans.

 

Nouveau Chili

Au final, c’est toute l’économie chilienne qui a connu une profonde mutation. Le boom minier a dopé la demande domestique. De quoi réduire la dépendance à la conjoncture mondiale et stimuler l’industrie. Mais dans l’immédiat, cela favorise aussi les importations, alors que les exportations de cuivre diminuent, d'où des comptes extérieurs dans le rouge.

 

Préparer l’avenir

Budget à l’équilibre, faible dette publique : les autorités ont une belle marge de manœuvre pour adapter leur modèle social. Le secteur minier a aussi planifié de grands investissements pour la prochaine décennie. Et si la demande mondiale de cuivre est certes moins forte, le développement des pays émergents et les nouvelles technologies, gourmandes en cuivre, devraient empêcher un effondrement de la consommation mondiale. L’économie devrait afficher une croissance supérieure à 4 % ces prochaines années. Aussi, bien que malmenée par le déclin du prix du cuivre, la Bourse chilienne reste relativement intéressante, à titre de diversification.

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