Analyse
Pays émergents : toujours intéressants ? il y a 3 ans - mercredi 26 mars 2014

Malgré la progression de leurs économies, les marchés émergents peinent à séduire les investisseurs depuis la crise de 2008. Lesquels sont intéressants ? Lesquels éviter ?

Jusqu’en 2008, les croissances économiques ont été impressionnantes : Chine : 14,2 %, Inde : 9,8 %, Russie : 8,5 %. Tout a ensuite changé avec la crise, obligeant les pays émergents à trouver de nouveaux relais. La plupart des Bourses et des devises émergentes ne s’en sont jamais vraiment remises. Les pays émergents ont alors fait appel au crédit, certaines devenant ainsi dépendants des capitaux étrangers. La Russie et le Brésil, riches en matières premières, sont presque parvenus à équilibrer leur balance courante, voire à présenter des surplus. D'autres ont eu plus de mal. L’Inde, peu compétitive, présente un déficit courant de 4 %. La Turquie qui accuse le plus gros déséquilibre (9,7 % du PIB en 2011). En Chine, la croissance est devenue trop dépendante des investissements à tout va. Pékin dispose certes d’une marge importante pour remédier à cette situation, mais les les marchés doutent de la capacité du pays à atteindre ses objectifs. Le Brésil, l’Inde et la Russie ont négligé les réformes et les infrastructures. L’offre ne répond plus à la demande, d'où une inflation élevée qui pèse sur le pouvoir d’achat et la compétitivité.

Suite à la chute des actions, certains de ces marchés sont devenus beaucoup plus intéressants. Un impératif toutefois : la sélectivité.

Chine : 10 % du portefeuille

Le marché boursier chinois a perdu 16 % depuis début 2008. Vu son potentiel économique, la Chine a sa place dans tout portefeuille, d’autant que les actions et la devise sont bon marché.
Vous pouvez y investir à travers les sicav Fidelity China Focus A EUR et GAM Star China Equity USD.

 

Brésil : actions (5 %) et obligations (5 %)

Pénalisée par la baisse de la devise, la Bourse brésilienne a reculé de 25 % depuis début 2008. Les taux sont élevés et les obligations en real ont une place en portefeuille.
Achetez la sicav HSBC Global Investment Funds Brazil Bond A EUR ou HSBC Global Investment Funds Brazil Bond A USD.
Quant aux actions, plus risquées mais bon marché, elles s’adressent aux investisseurs plus téméraires.
Notre préférence va aux sicav Amundi Funds Equity Brazil et BNY Mellon Brazil Equity A EUR ainsi qu’au tracker EG Shares Brazil Infrastructure.
Les actions
Telefonica Brasil et Santander Brasil valent aussi le détour.

 

Inde : maximum 5 %

L’Inde est davantage un pari à long terme, l’avenir du pays dépendant de sa capacité à se réformer en profondeur.
Vous pouvez y investir à travers la sicav Aberdeen Global Indian Equity A2 USD.

 

Mexique : 5 % dans tous les portefeuilles

Malgré le recul de 12 % du peso, les actions mexicaines ont gagné plus de 40 % depuis début 2008. Le Mexique a bien géré la crise et la volatilité des actions est comparable à celle des marchés de la zone euro.
Achetez le tracker iShares MSCI Mexico UCITS ETF.

 

Russie et Turquie : à éviter

La Bourse russe a perdu près de la moitié de sa valeur depuis début 2008. Les tensions géopolitiques l'emportant sur les aspects économiques, la volatilité devrait rester élevée.
Si les actions turques ont gagné 32 % depuis début 2008, la dégringolade de la livre (-44 %) a anéanti ce gain. La bourse est volatile et chère. Quant aux obligations, leur rendement ne compense pas le risque de la devise.

 

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