Analyse
Inde à l'heure des réformes ? il y a 3 ans - jeudi 17 avril 2014

Le candidat réformiste gagnera-t-il les élections comme le disent les sondages ?

Les actions indiennes sont dopées par l’espoir de renouveau. Mais combler des décennies de retard ne se fera pas du jour au lendemain. Les divers Etats protègent leur autonomie, la corruption ne sera pas facile à enrayer et les gains de compétitivité que les réformes doivent apporter devront composer avec une concurrence internationale féroce. Nous croyons cependant au potentiel de l’économie indienne.
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Marchés confiants

L'Inde a bien entamé 2014. Depuis janvier, malgré des mois difficiles pour les pays émergents, la roupie a gagné 2 % face à l’euro et l’indice de la Bourse de Bombay a gagné 7 %. En cause, la perspective de l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi, premier ministre de l'Etat du Gujarat, un des plus prospères du pays, qui a amélioré ses infrastructures, s’ouvre aux entreprises et aux investissements et devient un pôle important de la pharmacie ou l’informatique.

 

Compétitivité à la peine

Les investisseurs espèrent voir le modèle du Gujarat reproduit à l’échelle nationale. Alors que le pays occupait encore la 50e place des économies les plus compétitives en 2008, il n’occupe plus que la 60e. Plutôt bien classé pour le développement du système financier (19e) ou sa capacité d’innovation (41e), il est loin derrière pour les infrastructures de transports et d'énergie (85e), l'éducation et la santé (102e) ou l'environnement macroéconomique (110e). Les entreprises souffrent d’infrastructures inadéquates, de l’inefficience des institutions et de la corruption. Tout cela rend le climat peu propice aux investissements. Et l’inflation règne en maître. Pour une croissance loin des sommets de 2010-2011 (4,7 % au 4e trimestre 2013), l’inflation atteignait ainsi encore 8,1 % en février 2014. Un niveau qui contraint la Banque centrale à maintenir des taux élevés, ce qui pèse sur la croissance.

 

Des défis majeurs

Les défis qui attendent le futur Premier ministre n’auront rien d’évident. Et l’écart entre les décisions prises à Delhi et leur mise en application dans les différents Etats est souvent important. D’influents groupes locaux empêchent d'appliquer les décisions de manière uniforme. P.ex., alors que Narendra Modi promet l’ouverture du marché indien aux étrangers, il prévoit une exception pour la grande distribution. Car la libéralisation de ce secteur n’a pas été mise en application dans bon nombre d’Etats et pourrait être mise à mort par le prochain gouvernement. En cause, la pression des millions de petits propriétaires de magasins et autres intermédiaires qui craignent de ne pouvoir faire face aux géants du secteur.

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