Analyse
Investir dans le cacao ? il y a 3 ans - mercredi 14 mai 2014

Le cours du cacao a connu une belle année 2013, après trois années difficiles. Est-ce le moment de miser sur un tracker qui y investit ?

Non. Ne vous laissez pas tenter. Les trackers présentent trop d’inconvénients. Les perspectives en matière d’offre et demande ne sont pas favorables. Et pour des raisons éthiques, nous restons en dehors des matières premières agricoles.

 

Les trackers

On trouve sur les marchés des trackers permettant de prendre un pari sur le cacao :

 

– iPath Dow Jones-AIG Cocoa Total Return Sub-Index ETN
– iPath Pure Beta Cocoa
– ETFS Cocoa (JE00B2QXZK10)

 

Mais le premier est peu liquide. L’investisseur pourrait rencontrer des difficultés pour le vendre. Et le second demande des frais de gestion élevés, susceptibles de peser sur le rendement. En outre, les trackers n’investissent pas directement dans le cacao, mais via des futures qui suivent l’évolution du prix. Et ce marché étant contango, les trackers ont du mal à suivre le prix du cacao.

 

Offre et demande

Pour évaluer dans quelle mesure le cours du cacao peut poursuivre son ascension, il faut comprendre ce qui a initié sa hausse. Quatre facteurs l’expliquent. Trois d’entre eux ont pour conséquence de réduire la production et donc l’offre (et qui dit offre moins abondante dit prix plus élevés). Le quatrième stimule la demande (et qui dit demande plus abondante dit aussi prix plus élevés).

 

– Jusqu’en 2011, le leader mondial du cacao, la Côte d’Ivoire subissait la guerre civile. Cela a refroidi les investisseurs, qui ont consacré moins de deniers aux plantations. Quelques années plus tard, cela se traduit par une plus faible production.
– Le cacaoyer est cultivé notamment en Afrique de l’Ouest, où il a relativement peu plu l’an dernier, ce qui affecte aussi la production actuelle.
– Des maladies dans des plantations ont entraîné une baisse de rendement.
– Les pays émergents ont fortement accru leur consommation de cacao.

 

A court terme, ce déséquilibre entre offre et demande peut durer. Mais pas à plus long terme. Car d’une part, la hausse actuelle des prix va inciter à réinvestir dans le cacao, ce qui permettra d’accroître l’offre et, partant, de faire revenir les prix à des niveaux moins élevés (mais de manière assez lente, comme toujours avec les matières agricoles). D’autre part, la hausse de la consommation des pays émergents aura ses limites et risque bien, comme souvent, d’être appréhendée de manière trop optimiste par les investisseurs.

 

Financiarisation

Le secteur de l’agriculture fait depuis plusieurs années l’objet d’enjeux purement financiers, avec des impacts sur les prix qui mettent les populations locales concernées dans des situations difficiles. C’est aussi, et surtout pour cette raison d’ordre éthique que nous déconseillons d’investir dans les matières premières agricoles.


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