Analyse
Pologne : le dynamisme (se) paie il y a 3 ans - vendredi 2 mai 2014

Secousses dans les pays émergents, instabilité en Ukraine, tension entre l’Europe et la Russie… Le début d’année n’a pas été de tout repos pour la Pologne.

Pourtant, le pays s’en sort bien (économie compétitive, belles perspectives).
Le zloty n’étant est pas bon marché par rapport à l’euro, restez à l’écart de l’obligataire. Le marché des actions devrait par contre être soutenu par des perspectives de rendement légèrement supérieures à celles de la zone euro. Mais la volatilité y étant importante, envisagez ce placement pour le très long terme (20 ans), à hauteur de 5 % si votre profil de risque est neutre et de 15 % s’il est dynamique, via le tracker
iShares MSCI Poland UCITS ETF.

 

Belle résistance

Si la Pologne n’a pas trop souffert de l’instabilité en Ukraine et de la détérioration des relations avec Moscou, c’est parce que son économie est surtout tournée vers l’Occident. La Russie représente certes 4,4 % de ses exportations, mais c’est peu par rapport à l’Allemagne, qui absorbe près de 25 %. Les craintes autour des pays émergents ont eu par contre un impact plus important. La Pologne affiche en effet un faible réservoir d’épargne et dépend des capitaux étrangers pour se financer. Près de 40 % de la dette publique sont aux mains d’étrangers. Le pays a dès lors vu ses taux à 10 ans s’envoler à 4,7 % en janvier contre ±3,1 % en mai 2013. Grâce au dynamisme de ses exportations, la Pologne est toutefois parvenue à ramener son déficit de la balance courante de 5 % du PIB en 2011 à 2,6 % seulement en 2013.

 

Dynamisme exceptionnel

Dans une Europe où la morosité reste la norme, la Pologne fait figure d’exception avec une croissance de 3,1 % par an depuis 2008 (zone euro : -0,3 % sur la même période). Et nous attendons toujours une croissance moyenne de 2,7 % en Pologne pour 2014-2015, contre 1 % pour la zone euro. Les raisons du succès : d’abord l’accès aisé aux principaux marchés d’Europe et une main-d’œuvre qualifiée. Ensuite, les salaires réels qui ont augmenté de 20 % de moins que la productivité des travailleurs depuis 2002. Enfin, la Pologne représente un marché de plus de 38 millions de consommateurs. Face à ces chiffres, on pourrait être tenté de croire que la compétitivité se fait grâce à une modération salariale empêchant d’améliorer le pouvoir d’achat et de consommer. Mais cela doit être nuancé. Après des années de forte croissance jusqu’à la crise de 2008-2009, les salaires réels ont certes quasi stagné avec une croissance annuelle de moins de 1 %. Mais ils devraient renouer assez vite avec une croissance d’environ 2 %. C’est donc bien du côté des gains de productivité qu’il faut chercher le principal pilier du succès.

 

Encore de la marge et des défis

La Pologne dispose encore d’une belle marge de progression. Ses infrastructures de transports routiers et ferroviaires restent perfectibles et le taux de participation au marché du travail est faible (peu de femmes). Si la Pologne apprécie les investissements étrangers, l’OCDE estime que sa bureaucratie est jusqu’ici un facteur susceptible d’en décourager plus d’un. Enfin, la consolidation des comptes publics a pris du retard et suscité des craintes quant à la volonté de Varsovie de suivre une politique budgétaire saine.

 

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