Analyse
Russie et Chine : accord historique sur le gaz il y a 3 ans - vendredi 23 mai 2014

La Russie et la Chine viennent de signer un accord prévoyant l’approvisionnement de la Chine en gaz naturel par la Russie pour trois décennies.

Une bonne nouvelle pour la Chine et la Russie, mais pas pour l’Union européenne !

 

A partir de 2018, la Russie fournira jusqu’à 38 milliards de mètres cubes de gaz par an à la Chine. Le prix exact n’est pas connu, mais le contrat pourrait bien rapporter à la Russie une somme proche de 300 milliards d’euros.

 

C’est une excellente affaire pour la Chine, qui profite des rapports tendus entre la Russie et l’Occident pour assurer son approvisionnement à long terme, à un prix sans doute inférieur à ce que paie l’Europe. C’est aussi un excellent accord pour la Russie. Jusqu’ici, l’interdépendance entre l’Europe et la Russie sur le marché du gaz était très forte. Si la nécessité d’acheter le gaz russe était une évidence pour l’Europe, la nécessite de vendre son gaz à l’Europe l’était tout autant pour la Russie. Ce nouvel accord change la donne. L’infrastructure qui sera mise en place permettra à Moscou d’accroître ses exportations vers l’Asie, laquelle pourrait devenir à terme son principal client. En outre, Moscou pourra toujours compenser le manque à gagner consenti dans son contrat avec la Chine, en augmentant les tarifs pour l’Europe (qui lui est largement hostile).

La nouvelle est donc surtout mauvaise pour l’Union européenne : pour ses ménages et ses entreprises qui risquent de payer leur énergie plus cher à l’avenir; pour son industrie, qui a déjà du mal à rester compétitive face aux USA, où les prix de l’énergie ont fortement baissé grâce au gaz de schiste.

Ce n’est donc pas un hasard si des géants européens du secteur de la chimie tels que BASF ou Solvay orientent leurs investissements vers l’Amérique du Nord ou l’Asie, pour rester compétitifs.

 

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