Analyse
Changement de politique de la BCE en juin ? il y a 3 ans - mardi 3 juin 2014

Les grands argentiers européens ont adressé un message clair aux investisseurs.

Le magicien Draghi saura-t-il sortir le bon lapin de son chapeau ? Réponse ce 5 juin.

 

Stable les deux mois précédents, l’euro est retombé en mai à 1,36 USD, son plus bas niveau depuis février. En pointant du doigt la force de l’euro qui freine l’inflation en limitant le prix des biens importés, les grands argentiers européens ont adressé un message clair aux investisseurs : ils ne toléreront pas une appréciation excessive de l’euro !

 

Au plus haut face au dollar depuis octobre 2011, à près de 1,40 USD avant le comité de politique monétaire du 8 mai, l’euro a ensuite reculé au gré des déclarations des dirigeants européens qui, jour après jour, ont tapé sur le clou pour annoncer un changement de politique lors de la réunion du 5 juin. Parfaitement reçu par les marchés, le discours doit maintenant se traduire par des actes.

 

Mais si en théorie, la BCE a de nombreux outils pour intervenir, pratiquement, son action risque d’être réduite et sans grand impact. A seulement 0,25 %, le taux directeur ne peut plus être fort réduit et ce n’est pas une baisse de 0,10 % – comme l’attendent les analystes – qui modifiera le coût de l’argent, déjà à un minimum historique. L’idée d’un taux négatif pour les fonds confiés à la BCE par les banques pour les inciter à prêter davantage est séduisante. Mais déjà aujourd’hui, les sommes déposées par les banques auprès de la BCE sont limitées.

 

L’économie européenne ne souffre plus d’un rationnement du crédit, mais bien de la frilosité des agents économiques qui limitent les investissements. Faire tourner la planche à billets et acheter massivement des actifs financiers comme l’ont fait la Fed américaine, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon, pour affaiblir l’euro est l’ultime solution. Mais cette politique n’est pas sans risques et ne garantit rien.

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