Analyse
Immobilier en Angleterre : éviter la bulle ! il y a 3 ans - mercredi 9 juillet 2014

Après avoir mené une politique monétaire accommodante, la Banque d’Angleterre veut encadrer l’octroi du crédit pour éviter une bulle immobilière. Un frein pour la reprise ?

Non. Ces prochains trimestres, l’économie britannique restera dynamique et la croissance nettement supérieure à celle de la zone euro. Et comme la Banque d’Angleterre sera la première grande banque centrale à relever son taux directeur, la livre devrait s’apprécier ces prochains mois. Toujours bon marché, la Bourse de Londres reste conseillée dans nos portefeuilles, soit directement en actions, soit au travers de sicav. 

 

Reprise très British

Au Royaume-Uni, après une crise, la demande intérieure (surtout des ménages) est traditionnellement le moteur de reprise. Certes, de 2010 à 2012, malgré une politique accommodante, la croissance a été faible, surtout à cause de la crise de la dette de la zone euro : l’Angleterre a souffert des déboires de ses partenaires commerciaux, l’incertitude a renchéri le refinancement bancaire et entraîné une hausse des taux, court-circuitant les efforts de la Banque d’Angleterre pour stimuler le crédit. Mais, dès que la BCE a éteint l’incendie (août 2012), les mesures de la Banque d’Angleterre ont fonctionné. L’injection de liquidités dans l’économie, via l’achat d’obligations, a même davantage abaissé le coût de financement des banques en Angleterre que dans les autres pays européens. Retour de la confiance sur les marchés, liquidités abondantes et taux d’intérêt bas : tout était réuni pour relancer le crédit.

 

Boom du crédit et de l’immobilier

Dès le troisième trimestre 2012, une forte hausse des crédits hypothécaires a été observée. Et en mars 2013, le lancement d’un programme aidant à l’achat d’un logement a renforcé le boom. En 2013, l’investissement immobilier a augmenté de 4,4 %. Certes, vu son faible poids dans le PIB, sa contribution à la croissance 2013 a été marginale. Mais son impact sur l’économie est ailleurs : la reprise du crédit et du marché immobilier a fait grimper les prix et généré un effet de richesse pour les propriétaires; l’appréciation de leur patrimoine les rassure et les incite à consommer. Bien que les salaires stagnent, le consommateur réduit son taux d’épargne et dépense.
Cependant, entre un boom et une bulle, il n’y a qu’un pas. A Londres, les prix immobiliers ont connu leur plus forte hausse annuelle depuis 1987. Les autorités veulent dès lors freiner le processus.

 

Durcissement monétaire

La Banque d’Angleterre a déclaré que l’endettement hypothécaire menaçait la reprise et que le taux directeur pourrait être relevé plus tôt que prévu. Elle a limité le nombre de nouveaux crédits dont le montant dépasse largement les revenus de l’emprunteur, et elle entend tester la capacité de remboursement de ceux qui optent pour un taux variable. Des mesures visant à renforcer la qualité des emprunteurs, à limiter la dette des foyers fragiles, et à s’assurer que le marché immobilier supporte sans mal le relèvement du taux directeur l’an prochain.

 

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