Analyse
Le pétrole mexicain s’ouvre à la concurrence étrangère il y a 3 ans - mercredi 27 août 2014

Une bonne nouvelle pour l’investisseur ?

Oui. La décision ouvre de belles perspectives. Le Mexique est devenu l’un des pays émergents les plus intéressants, malgré un bond de sa Bourse de ±7 % en 2014.
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Pemex perd son monopole

Le groupe pétrolier mexicain Pemex perd le monopole de l’exploitation du pétrole dans le pays : une nouvelle loi permet à présent à des entreprises étrangères d’y participer.
Alors que le secteur pétrolier assure ±13 % des exportations mexicaines et que Pemex assure 1/3 du budget de l’Etat, grâce à un taux d’imposition énorme sur ses bénéfices, l’objectif de la nouvelle loi est cependant d’augmenter la production globale. Car vu que Pemex est peu dynamique, réticent à prendre des risques et à investir, la production pétrolière mexicaine a reculé de plus de 20 % ces 10 dernières années. Pemex manque aussi de capacités de raffinage, à tel point que si le pays exporte chaque jour ±1,2 million de barils de brut, il importe 600 000 barils de produits dérivés.

 

Embellie en perspective

La nouvelle loi devrait donner un coup de pouce à la croissance : les autorités prévoient que d’ici 2018 les investissements atteindront ±50 milliards de dollars et que la hausse de la production dopera les exportations et le commerce extérieur.
Alors qu’au deuxième trimestre, la croissance économique mexicaine a été de 1 % face au trimestre précédent et de 1,6 % sur un an, au second semestre, elle devrait s’accélérer, tirée par la demande américaine. Et l’ouverture du secteur de l’énergie aux étrangers améliore encore les perspectives. Nous tablons sur une croissance proche de 3 % en 2014 et de 3,5 % en 2015.
Pour l’heure, les grands acteurs attendent cependant d’en savoir plus avant de montrer leur intérêt. Mais parmi les intéressés, on devrait compter Chevron (qui travaille déjà dans le Golfe du Mexique via des partenariats), Royal Dutch Shell et ExxonMobil (déjà présents dans des régions proches de la frontière), ainsi que peut-être Repsol (en quête de nouvelles réserves suite à son expropriation en Argentine). Quant à BP et Total, cela dépendra des conditions.

 

Pemex toujours présent

Pemex garde le contrôle de 83 % des réserves du pays et de 21 % des prospections. Les investisseurs étrangers sont donc poussés vers les zones que Pemex ne peut exploiter, faute de technologie appropriée. Certes, l’Etat percevra à présent moins d’impôt sur les bénéfices de Pemex, mais, vu la hausse attendue de la production et un taux d’imposition de 60 à 75 % sur les autres groupes pétroliers, le manque à gagner pour le Trésor ne devrait pas être immense. D’autant que, par prudence, l’impôt sur les ventes (semblable à la TVA) passe de 11 à 16 %.

 

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