Analyse
L’Afrique du Sud entre en portefeuille il y a 3 ans - mercredi 10 septembre 2014

Investir sur la Bourse de Johannesburg est l’occasion de se positionner sur un continent africain plein de promesses, mais où l’investissement reste difficile.

Au vu des perspectives de croissance, du potentiel du pays, de la qualité de ses marchés, de la sous-évaluation du rand et d’un marché d’actions correctement évalué, la Bourse sud-africaine constitue une diversification intéressante.
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Porte d’entrée pour l’Afrique

Le commerce extérieur est l’un des grands moteurs de l’économie sud-africaine. Le reste de l’Afrique, a permis au pays d’augmenter de 55 % ses exportations vers la région entre 2010 et 2013. De quoi tirer l’ensemble du secteur exportateur sud-africain, dont les ventes ont augmenté de 40 % sur la même période.

 

Juste derrière l’Asie, l’Afrique est devenue le 2ème plus gros marché d’exportation. Elle absorbe près de 30 % du « Made in South Africa » et sa part ne cesse de progresser. Par ailleurs, bon nombre de sociétés sud-africaines investissent directement dans les marchés voisins, souvent délaissés par les entreprises occidentales pour cause de climats des affaires peu engageants.

 

Cette stratégie à risque s’avère payante : peu concurrentiels, ces marchés offrent aux rares acteurs présents, comme l'Afrique du Sud, de belles marges bénéficiaires. Au point que son investissement à l’étranger approche aujourd’hui les 5 % du PIB, contre moins de 1 % avant la crise financière. Et grâce à cette présence à l’étranger, certaines entreprises cotées à Johannesburg sont désormais en mesure d’aller chercher la croissance en dehors des frontières, devenant ainsi moins dépendantes de l’économie sud-africaine.

 

Une économie qui se cherche

L’Afrique du Sud est depuis longtemps en proie à une faible croissance (pour un pays émergent). Entre 2011 et 2013, sa croissance moyenne n’a été que de 2,7 %, un chiffre très en retrait par rapport aux marchés émergents les plus dynamiques. Cette année, des grèves à répétition dans le secteur minier ont pesé sur la production et les exportations, alors qu’un taux de chômage de 25,5 % et des hausses de taux pour contenir l’inflation (qui dépasse toujours l’objectif de 3 à 6 %) minent la confiance des ménages.

 

Au premier semestre, la croissance était de 1,6 %. Grâce à la faiblesse du rand, sous-évalué, et au retour de la production minière, l’économie devrait accélérer au second.

 

Pour l’ensemble de 2014, nous prévoyons une croissance proche de 2,5 %. Hélas, si le pays veut remplir son potentiel, il doit mieux former sa main-d’œuvre, améliorer son système de santé, remettre à niveau ses infrastructures et diminuer la bureaucratie afin de diminuer le coût des affaires.

 

Atouts importants

Au-delà de ses ressources naturelles, le pays dispose aussi d’institutions fortes, d’un tissu entrepreneurial sophistiqué, de marchés financiers bien encadrés parmi les plus avancés au monde, d’une belle capacité d’innovation et d’un marché d’une taille conséquente (53 millions d’habitants) et très ouvert. L’Afrique du Sud est ainsi le 2ème plus compétitif des pays africains (derrière l’île Maurice).

 

En plus il est le premier pays au monde pour la qualité de l’audit de ses entreprises et la réglementation de ses marchés financiers, et le deuxième en matière de protection des actionnaires minoritaires.

 

En outre, la Bourse de Johannesburg offre des niveaux de volatilité très contenus, similaires à ceux de la Bourse espagnole ou suédoise et à peine supérieurs à la Bourse belge ou française.

 

Enfin, à tout cela s’ajoute un cadre fiscal plutôt intéressant qui incite les investisseurs étrangers à se rendre sur place.

 

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