Analyse
Baisse des devises : et votre portefeuille ? il y a 2 ans - mercredi 19 novembre 2014

Plusieurs pays essaient de renforcer leur compétitivité à l’exportation en affaiblissant leur devise. Découvrez ce que cela implique pour votre portefeuille.

Dans nos portefeuilles, nous restons à l’écart de la zone euro (avec quelques exceptions). En outre, vous pouvez toujours investir au Japon à travers la sicav Aberdeen Global Japanese Equities, dans le tracker iShares Core S&P 500 ETF pour les USA, dans les sicav Invesco UK Equity A ou SISF UK Opportunities pour le Royaume-Uni, et en Chine via Fidelity China Focus A EUR et GAM Star China Equity USD.

 

Compétitivité et inflation

Depuis janvier, le yen, poussé par les injections de liquidités de la Banque du Japon, a perdu 8 % face au dollar.
Chez nous, même si la Banque centrale européenne a été plus discrète, l’euro a perdu 9 % face au billet vert.
Ces mouvements visent d’abord à renforcer la compétitivité. Une devise plus faible favorise les exportations, tout en permettant à la production locale de rester compétitive sur son propre marché. Mais pour le Japon et la zone euro, le but est aussi d’écarter la déflation. Un risque auquel le Japon est confronté depuis une décennie. Dans la zone euro, la faible demande privée limite la hausse des prix. Et avec le recul des prix du pétrole et des matières premières, la déflation n’est pas loin.

Sous surveillance

Ces reculs inquiètent d’autres pays.
– Pour les USA, le renforcement du dollar menace la reprise, même si l’économie américaine dépend plus du consommateur américain que des exportations.
– Au Royaume-Uni, vu le contraste entre l’appétit retrouvé des consommateurs britanniques et la frilosité de ceux de la zone euro (son premier partenaire commercial), on craint une balance commerciale toujours plus déséquilibrée qui pèserait sur la croissance.
– La Corée du Sud a annoncé que face à la faiblesse du yen qui mine sa compétitivité, elle interviendra pour freiner le won.
– La Chine, en transition vers une économie axée sur la demande intérieure, avec des salaires en hausse et une économie en perte de vitesse, ne peut pas perdre de vue sa compétitivité. Un repli de sa devise semble probable et pourrait lancer de nouvelles dévaluations en Asie.

Pas de miracle

L’affaiblissement d’une devise n’est pas le remède miracle. Et la baisse de la devise est souvent négative pour le consommateur qui voit les prix des produits importés augmenter. Quant aux exportateurs, encore faut-il qu’ils profitent bien de la baisse de la devise (p.ex. plus de 50 % des exportations de la France restent dans la zone euro…). Au Japon, la sous-évaluation du yen profitera sans doute aux entreprises et à la Bourse, mais moins aux consommateurs qui souffrent de la hausse des impôts, alors que les salaires restent stables.

Impacts

– Dans la zone euro, l’affaiblissement de la devise et les mesures de la BCE ne suffisent pas pour relancer l’économie. Avec un marché du travail sinistré, la défiance des ménages persistera et les entreprises limiteront leurs investissements.
– Au Japon, la dépréciation du yen permettra aux sociétés exportatrices d’accroître leur compétitivité et leur chiffre d’affaires, justifiant l’enthousiasme de la Bourse.
– Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le renforcement du dollar et de la livre face à l’euro ainsi que la valorisation atteinte par les actions, incitent à prendre une partie de bénéfices. Au vu de leur dynamisme, ces marchés restent toutefois présents dans nos portefeuilles.
– En Chine, malgré les risques pesant sur la croissance, les marchés boursiers devraient profiter de leur ouverture aux investisseurs étrangers et du dynamisme de l’économie.

 

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