Analyse
La Suisse, un roc inébranlable ? il y a 2 ans - mardi 25 novembre 2014

Ilot de relative quiétude au sein d’une Europe en plein marasme, la Suisse offre-t-elle des opportunités d’investissement ?

Oui. La force du franc suisse est un argument en faveur des actifs suisses. A long terme, le seuil de 1,20 CHF n’est pas défendable et le franc suisse offrira un gain de change. Nous conseillons les obligations en franc suisse. Leurs taux sont faibles, mais elles peuvent équilibrer un portefeuille. Consacrez-y 5 % de votre portefeuille défensif au travers des sicav KBC Renta Swissrenta et Pictet-CHF Bonds. La Bourse suisse est très peu volatile mais pas assez bon marché pour y investir de manière globale. Quelques actions individuelles méritent néanmoins le détour : Zurich Insurance (généreux en dividendes), Bell (leader dans la viande et résultats solides, mais cité dans une affaire d’antitrust qui pourrait coûter cher) ou Syngenta (leader mondial des produits phytosanitaires, pour miser sur la croissance attendue des besoins agricoles).

 

Champion de l’exportation

L’économie suisse, touchée par la crise financière et la récession mondiale de 2009, affiche depuis 2010 une croissance supérieure à celle de la zone euro. Le taux de chômage en octobre se limitait à 3,1 % et la consommation des ménages contribue à la croissance. Mais c’est surtout grâce au commerce extérieur que la Suisse surpasse la zone euro. Depuis 2001, la balance commerciale est en surplus. Les produits pharmaceutiques assurent plus de 25 % des exportations (contre 16 % en 2004) et ont dégagé en 2013 un surplus commercial de 32,9 milliards de francs suisses (5,5 % du PIB). L’horlogerie occupe la deuxième marche du podium, suivie des instruments d’optique, de précision et médico-chirurgicaux.

Limiter la force du franc

Ces dernières années, la prudence des autorités a permis de dégager un surplus budgétaire. L’endettement n’a pas augmenté avec la crise (±20 % pour l’Etat fédéral). Un atout pour les investisseurs, qui se sont rués sur le franc. En août 2011, l’euro ne valait plus que 1,05 CHF, contre 1,40 CHF douze mois plus tôt et 1,68 CHF à l’automne 2007. Mais cette forte hausse menaçait les exportations et l’économie suisse. En 2011, la Banque nationale suisse a donc fixé un taux de change plancher à 1,20 CHF pour 1 EUR (en achetant des devises étrangères). Cette politique a modifié le bilan de la banque nationale, dont la taille a doublé en 4 ans. L’accumulation de devises a réduit la part de l’or dans ses avoirs, ce qui est dénoncé par la droite conservatrice, qui entend la relever à 20 %.

L’or en question

Les Suisses sont appelés à s’exprimer par référendum sur le rapatriement d’or. Augmenter la part de l’or dans les réserves limiterait la capacité de la banque nationale à accumuler des devises. Pour contrer l’appréciation du franc, elle a certes d’autres outils, comme des taux négatifs p.ex. Mais si le oui l’emporte, elle devra subir l’assaut des spéculateurs. Et à moyen terme, la hausse des réserves d’or renforcerait le statut de valeur refuge du franc suisse et sa tendance à s’apprécier.

 

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