Analyse
Commerce mondial : moins soutenu il y a 2 ans - mercredi 3 décembre 2014

Après le net repli lors de la crise en 2009, le commerce mondial a repris sa progression mais à un rythme moins soutenu.

Ce ralentissement n’est pas seulement conjoncturel. Il résulte aussi d’une nouvelle réalité. Conséquence : nous n’incluons aucun placement de la zone euro ou de l’Australie dans nos portefeuilles
Mais vu la forte croissance que leur confère leur demande domestique, nous vous conseillons toujours les USA (via le tracker
iShares Core S&P 500 UCITS ETF) et la Chine (via les sicav Fidelity Funds - China Focus A EUR, Fidelity Funds - China Focus Fund Y EUR et GAM Star China Equity USD). Dans le secteur maritime, très influencé par le commerce mondial, conservez CMB, Euronav et Seaspan; achetez Exmar et GTT.

 

Moindre dynamisme

En 2009, le commerce mondial subissait un effondrement historique. En 2010, logiquement il rebondissait. Mais en 2012 et 2013, la croissance des échanges internationaux se limitait à 3 %, contre une moyenne de 7,1 % de 1987 à 2007. Ce ralentissement peut s’expliquer par la faiblesse conjoncturelle et la crise en Europe. En 2012, les importations de la zone euro ont chuté de 1,1 %. En 2013, elles n’ont gagné que 0,3 %. Le dynamisme du commerce mondial augmentera donc dès que les pays européens retrouveront une plus forte croissance. Mais ce ne sera pas suffisant. Car le manque de dynamisme provient aussi de changements structurels.

Rapatriement

Ces dernières décennies, le commerce mondial a surtout été soutenu par l’internationalisation des productions. Mais ce phénomène atteint ses limites. Depuis dix ans, dans le PIB américain, la part des importations manufacturières a stagné, alors qu’elle avait doublé la décennie précédente. Le temps des délocalisations massives est fini. A l’inverse, certaines productions sont rapatriées sur le sol américain. Les raisons : des écarts de salaires qui se réduisent, la volonté d’être géographiquement plus proche du consommateur pour pouvoir répondre plus vite à la demande, le boom du gaz de schiste qui rend l’énergie américaine bon marché. Et en Chine, la mutation de l’économie freine les échanges. Avec le développement de la classe moyenne et de la consommation des ménages, une partie de la production chinoise se détourne des marchés étrangers pour satisfaire la demande locale. Les autorités encouragent les produits locaux. Et la montée en gamme de l’industrie limite les importations de produits intermédiaires.

S’adapter aux mutations

Le ralentissement de la croissance du commerce mondial fera ralentir la croissance des pays dont ce commerce est le principal moteur. C’est le cas de l’Australie, où le boom des dernières décennies est issu des exportations de matières premières. La zone euro et surtout l’Allemagne ne retrouveront pas non plus la croissance passée. Les Bourses des pays exportateurs, recherchées par les investisseurs il y a quelques années, offrent moins d’opportunités.

Secteur maritime

La fin de la forte croissance des échanges internationaux mettra certains acteurs maritimes en difficultés. Il faut attendre que l’offre s’adapte à la demande, nous sommes donc plus prudents. Mais le transport maritime comporte plusieurs marchés. Celui des conteneurs et celui du vrac souffrent, alors que celui du gaz liquide profite d’une conjoncture favorable.

 

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