Analyse
Fonds Européen pour l’Investissement Stratégique il y a 2 ans - mardi 9 décembre 2014

Pour sortir le Vieux Continent de l’ornière, Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne, a annoncé la création d’un Fonds : l’EFSI.

Objectif : financer 315 milliards d’euros d’investissements entre 2015 et 2017.
Cela représente 10 euros supplémentaires d’argent public par Européen. Suffisant ?

 

Le manque d’investissements étant une des causes de la stagnation de l’économie européenne, Juncker veut relancer ceux-ci. L’EFSI financera des projets viables disposant d’une véritable valeur ajoutée. Il s’agira d’investir dans des infrastructures stratégiques, des moyens de transport dans les centres industriels, l’éducation, la recherche et l’innovation, dans des investissements visant à dynamiser l’emploi, notamment par le financement des PME et des mesures pour l’emploi des jeunes. Plus de 800 projets répondant à ces critères auraient déjà été proposés. Selon les estimations de la Commission européenne, le plan d’investissement pourrait, sur l’ensemble des trois prochaines années, générer entre 0,75 % et 1 % de croissance supplémentaire et créer entre 1 et 1,3 million d’emplois.

 

L’analyse de base du président est correcte. Les investissements en Europe, inférieurs de 15 % à leur niveau de 2007, sont insuffisants. Cela pénalise l’activité économique d’aujourd’hui et hypothèque la croissance de demain. Mais la réponse est insuffisante.
Alors que plus de 24 millions d’Européens sont au chômage, peut-on se satisfaire de la création d’un million d’emplois en trois ans ? De plus, le financement des 315 milliards d’investissements repose sur un montage financier complexe. Dans la pratique, les institutions européennes ne dégagent que 5 milliards d’euros d’argent frais. Le reste est fourni par la réaffectation de fonds, des prêts de la BEI et, pour 80 %, par des apports privés, encore à attirer !

 

C’est donc en mobilisant 10 euros supplémentaires d’argent public par Européen que la Commission veut sortir le Vieux Continent du marasme ! Toujours paralysée par ses divisions internes et la lourdeur de son organisation, l’Europe continue d’agir avec des moyens dérisoires. Et après cinq ans de marasme, elle n’a pas encore tourné le dos à la crise.

Partagez cet article