Analyse
2014, une année pleine de surprises il y a 2 ans - lundi 5 janvier 2015

Taux d’intérêt et prix du pétrole en baisse.

Taux US et Japonais

L’évolution des taux, en particulier à long terme, fait partie des surprises de 2014. Si l’on se doutait que les banques centrales feraient tout pour ne pas laisser s’envoler les taux, afin de ne pas fragiliser la reprise, peu auraient parié sur des taux aussi bas fin 2014, inférieurs même à ceux du début d’année. Aux USA, les taux à 10 ans sont passés de 3 % à 2,2 %, et au Japon, de 0,7 % à 0,3 % à peine. En cause, la prudence avec laquelle la Fed a mis fin à la création monétaire et la garantie de sa patience quant à une première hausse des taux, mais aussi l’intervention massive de la Banque du Japon, qui n’a pas tardé à reprendre le flambeau de la création monétaire.

 

Taux européens

C’est en Europe que la tendance baissière est la plus marquée. En Allemagne, les taux sont passés de 1,9 % à 0,5 %, et au Royaume-Uni, de 3 % à 1,8 %. La France et la Belgique ont fait plus fort encore, passant de 2,6 % à 0,8 % dans les deux cas. Enfin, c’est dans les pays les plus touchés par la crise de la dette souveraine que le recul a été le plus net : de 4,1 % à 1,9 % en Italie, de 4,1 % à 1,6 % en Espagne, de 6,1 % à 2,7 % au Portugal.
Si l’intervention de la BCE pour combattre la déflation et relancer la croissance se fait attendre, les marchés obligataires jugent le discours de la BCE crédible.

 

Grande exception : la Grèce

De 8,4 % début 2014, les taux grecs à 10 ans se sont envolés vers 9,8 %. En cause, le renouveau des tensions politiques et la perspective de nouvelles élections qui pourraient remettre en cause l’aide externe au pays. Il est vrai qu’avec une dette publique de 175 % du PIB, la Grèce reste dans un état désespéré, dont elle ne sortira que très difficilement sans aide extérieure.

 

Pétrole

La chute vertigineuse des prix du baril (près de 50 % depuis le début d’année) est la deuxième grande surprise de 2014. Certes, le pétrole n’est pas un cas isolé : face au ralentissement chinois, nombre de matières premières ont connu des chutes significatives (-51 % pour le minerai de fer, -15 % pour le cuivre). Mais dans un contexte marqué par un nouveau conflit armé en Irak et des sanctions contre la Russie (le plus gros exportateur d’énergie au monde), un tel recul n’était pas prévisible. La volonté saoudienne de mettre à mal ses concurrents russes et iraniens, mais aussi le développement du gaz de schiste aux USA, y sont pour beaucoup. Le fait d’ouvrir les vannes saoudiennes, alors que les marchés anticipent un passage à vide de la demande pour cause de ralentissement des pays émergents, a fait le reste. Assurément une bonne nouvelle pour les consommateurs et les économies occidentales, même si cela renforce le risque de déflation.

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