Analyse
Déflation : une menace réelle ? il y a 2 ans - mercredi 25 février 2015

Comment adapter ses placements ?

Nous tablons sur un scénario de légère baisse des prix ces prochains mois, avant une légère remontée en 2016. Mais nous excluons le scénario de la déflation.
En fonction de cela, voici nos conseils pour vos placements et votre épargne

Tout d’abord : qu’est-ce que l’inflation ?

L’inflation, qui s’exprime en pourcentage del'augmentation du coût de la vie, est une érosion de la valeur de l'argent (pour remplir un caddy, il faut de plus en plus d’euros) et une érosion de l’épargne (si vous possédez 100 000 euros, ils auront moins de valeur dans dix ans qu’aujourd’hui, ce pourquoi il est important de les placer dans quelque chose qui rapporte au moins autant que l’inflation).
Une inflation trop élevée est dangereuse pour l’économie : si les prix grimpent rapidement, ils deviennent source d’incertitude, peuvent faire grimper les salaires et réduire la compétitivité du pays.
Une inflation trop basse est aussi un danger : si les prix diminuent durablement, les consommateurs repoussent leurs achats (puisqu’ils paieront moins demain), les entreprises, soucieuses d’écouler leurs stocks, diminuent leurs prix, réduisent leurs marges et leur capacité à investir, ce qui au final pèse sur l’emploi et la consommation des ménages. C’est le cercle vicieux de la déflation.

 

Actuellement, faut-il craindre la déflation ?

Pour que l’économie entre réellement en déflation, il faut une baisse générale et durable des prix. Or, plusieurs éléments écartent ce scénario.
– Le recul des prix n’est pas généralisé (les loyers et prix des restaurants ont augmenté de 1,4 % sur base annuelle en décembre; ce sont surtout les prix de l’énergie qui ont chuté; hors énergie, l’inflation européenne est faible mais assez stable depuis plusieurs mois).
– Le recul de plus de 15 % de l’euro en un an face au dollar renchérit les biens importés, de quoi amener atténuer la baisse des prix.
– Pour qu’une véritable spirale déflationniste s’enclenche, il faut une baisse des salaires; or, à l’exception de pays comme la Grèce et l’Espagne, ce n‘est pas le cas.

 

Vos placements

Comptes d’épargne
– Dans les grandes banques, le rendement oscille entre 0,25 et 0,40 %. Mais vu qu’il n’y a pour l’instant pas d’inflation, la situation est plus favorable qu’en 2011 (avec un rendement de l’épargne de l’ordre de 1,25 % mais une inflation supérieure à 3 %).
– Si l’inflation augmente, elle rejoindra le rendement des comptes d’épargne qui, lui, restera au plancher. Privilégiez dès lors les comptes offrant encore 1,10 et 1,80 % (utilisez notre calculateur

 

Assurances-épargne
– La baisse des taux ne se répercute que lentement sur le rendement des assurances-épargne, qui possèdent encore d’anciennes obligations généreuses. En 2014, le Fonds garanti d’AFER Europe a encore offert 3,20 %.
– Le rendement des assurances-épargne restera supérieur à l’inflation. Pour votre épargne sans risque à long terme (cinq, huit ans et plus), c’est la meilleure alternative (voyez nos conseils). 

 

Obligations, bons de caisse, comptes à terme en euros
– Alors que l’inflation est faible, les taux proposés le sont aussi. Le rendement de l’emprunt d’Etat belge à 10 ans s’élevait fin janvier à 0,60 % seulement. Un niveau très peu élevé dû aussi à la politique de la BCE qui veut relancer l’économie.
– Si vous achetez un produit à taux fixe, vous « traînerez » le faible rendement qu’il offre jusqu’à l’échéance. Ce n’est pas un problème actuellement parce que l’inflation est basse, mais demain ? Ne tombez pas dans ce piège.

 

Actions
– En absence d’inflation, les entreprises peinent à augmenter leurs prix et ne dégagent plus assez de marges pour investir et croître. La valeur des actions étant liée à la capacité bénéficiaire des entreprises, la dégradation de cette dernière risque de peser sur les cours.
– Evitez les actions de la zone euro. Les actions américaines et britanniques offrent davantage de potentiel. Les actions des pays émergents sont intéressantes aussi : la croissance y est plus élevée. Utilisez notre comparateur d’actions et de fonds
– Dans un environnement de faible inflation, les entreprises pouvant augmenter leurs prix (ou ne pas les baisser pour conserver des clients) sont intéressantes. C’est le cas des actions du secteur de la pharmacie (maladies et traitements ne dépendent pas de la conjoncture). Investissez-y via le tracker Lyxor EU 600 Healthcare. Les valeurs de la technologie sont aussi peu affectées par la faible inflation. Achetez les actions d’entreprises capables d’innovation (Intel, CA Technologies, Texas Instruments, IBM) ou au profil international (Accenture, General Electric, AXA, Melexis, Exmar), lesquelles ont montré par le passé qu’elles étaient capables d’aller chercher leur croissance sur les marchés internationaux. Evitez les secteurs souffrant de l’inflation faible et de l’absence de perspectives de croissance (chimie de base, automobile).

 

Immobilier
En période de faible inflation, il est plus difficile d’augmenter les loyers et de répercuter les hausses de charges. Attention donc de ne pas surestimer au départ le rendement locatif du bien à acquérir.

 

Or
L’or est habituellement vu comme une protection quand l’inflation élevée érode la valeur de la monnaie. Dans ce cas son cours augmente. Ce soutien n’existe plus actuellement. Toutefois, le contexte économique étant incertain, l’or pourrait bénéficier encore de son statut de valeur refuge. Vous pouvez y investir à titre de diversification (maximum 5 % de votre portefeuille) de façon physique (pièces ou lingots) ou via les trackers ETFS Gold Bullion Securities ou ETFS Physical Gold.

 

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