Analyse
L’Allemagne : un exemple il y a 2 ans - mardi 24 mars 2015

La Bourse de Francfort bat les records et les taux sur la dette souveraine allemande n’ont jamais été aussi bas.

La bonne forme de l’économie pourrait inciter à investir en Allemagne. Mais sur le marché obligataire, les prix sont trop élevés. Quant à la Bourse de Francfort, elle est peu généreuse en dividendes, n’est pas bon marché et n’offre pas de réelles opportunités. Nous conservons néanmoins les géants de l’industrie automobile BMW, Daimler et Volkswagen, mais aussi Allianz, BASF, Lufthansa, Deutsche Post, E.ON, Metro et Siemens.

 

Indicateurs impressionnants

Déjà en pleine reprise, la première économie européenne profite aussi de la chute des prix du pétrole et de la faiblesse de l’euro. En janvier, le taux de chômage est tombé à 4,7 % de la population active. Et les salaires repartent à la hausse. IG Metall, l’un des plus gros syndicats, a obtenu il y a peu une hausse annuelle de 3,4 %. Avec l’inflation à 0,1 % à peine en février, , la hausse du pouvoir d’achat est substantielle. Le moral des consommateurs est dès lors au plus haut depuis 13 ans. Avec en plus un crédit bon marché, les conditions sont réunies pour un rebond de la consommation (en janvier, les ventes de détail ont augmenté de 5,3 % sur base annuelle).

 

Exportations : pierre angulaire

La capacité de l’Allemagne à exporter reste un de ses atouts majeurs. Le surplus de sa balance courante compte parmi les plus importants au monde (7,5 % du PIB). Et si face à la hausse des dépenses des ménages – qui favorise les importations –, ce surplus est appelé à se réduire, les exportations resteront dopées par la faiblesse de l’euro. L’industrie tourne à plein régime et il y a fort à parier que l’investissement prêtera ainsi main-forte à la croissance. En outre, face aux besoins des entreprises du pays, l’Allemagne est devenue le plus gros pays d’immigration en Europe. De 2011 à 2013, le solde migratoire dépassait le million d’individus, majoritairement issus de l’Union européenne. Cela permet aux entreprises de trouver les professionnels qui leur font défaut, pour profiter des opportunités de croissance. Et cela permet au pays d’inverser la tendance à la chute de la population entamée voici 10 ans et de rajeunir la main-d’œuvre.

 

Finances publiques : assainissement

La reprise de l’activité, l’appétit des investisseurs pour la sécurité de la dette allemande et l’impact des politiques monétaires de la BCE ont aussi un impact positif sur les finances publiques. La dette allemande se négocie à des taux négatifs jusqu’à 7 ans et les charges liées à la dette sont fort réduites. La politique budgétaire étant prudente, l’assainissement des finances se poursuit à bon rythme.

 

Industrie automobile : un fleuron

Généralistes ou haut de gamme, les constructeurs auto allemands affichent des résultats sans précédents. BMW confirme son statut de leader, avec des livraisons en hausse de 7,3 % sur les deux premiers mois 2015. Daimler (avec Mercedes-Benz) revient dans la course (livraisons +14,5 % par rapport à 2014). Volkswagen a vu ses livraisons européennes bondir de 8,8 % depuis début 2015, établissant un nouveau record avec une part de marché européen de plus de 25 %. Un record qui lui permettra de se hisser dès cette année au premier rang mondial, devant Toyota et General Motors.

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