Analyse
Miser sur les devises de l’Est ? il y a 2 ans - mardi 21 avril 2015

Le zloty polonais, le forint hongrois ou la couronne tchèque sont-ils des options de placements ?

Pas spécialement. Ces devises sont plutôt volatiles et nous vous conseillons d’en rester écarté. Dans notre rubrique « Marché », outre un convertisseur de devises et un aperçu des cours de change, vous pourrez suivre les variations des principales devises et nos prévisions à leur sujet

 

Zloty polonais

– La devise polonaise suit une trajectoire ascendante depuis début 2015 et est pratiquement à son niveau le plus élevé par rapport à l’euro depuis fin 2012. La faiblesse de l’euro, mais aussi les bonnes perspectives de la Pologne y contribuent. Pour 2015-2016, les prévisions font état d’une croissance économique de 3,25 % grâce, surtout, à une forte demande domestique.
Malgré cela, le zloty polonais reste correctement évalué. Les taux, par contre, restent orientés à la baisse avec un plancher absolu à 2,3 % pour les taux à 10 ans début mars.
– Jusque fin 2012, nous reprenions le fonds KBC Renta Zlotyrenta à titre de diversification dans nos portefeuilles. Mais le potentiel de la devise étant devenu trop limité alors que les taux diminuaient, nous ne le conseillons plus. Même si le zloty est correctement évalué par rapport à l’euro, les taux des obligations polonaises sont trop faibles.

 

Forint hongrois

– Malgré un sursaut de ±5 % depuis début 2015, la devise hongroise est en recul quasi contant depuis plusieurs années face à l’euro. Le pays a lâché la bride à plusieurs niveaux ces dernières années, ce qui a rendu les investisseurs méfiants vis-à-vis des autorités. Une situation qui ne devrait guère changer dans l’immédiat.
– Les obligations d’État en forint sont spéculatives (risque élevé). Certes, la dette publique repart à la baisse et le déficit budgétaire devrait rester contenu à 2,5 % du PIB. Mais, compte tenu des risques, un taux de 3,3 % sur une obligation d’État à 10 ans est insuffisant. D’autant que le forint est surévalué depuis sa récente reprise.

Couronne tchèque

– La banque centrale, qui a un objectif de cours de 27 couronnes pour 1 euro, fait tout pour maintenir la devise à un niveau faible. Le cours de la devise tchèque face à l’euro n’a pratiquement pas changé depuis deux ans (la stratégie vise à soutenir l’économie, tournée vers l’exportation). La Tchéquie peut par ailleurs s’appuyer sur des finances publiques solides (déficit d’à peine à 1 % du PIB) et une dette publique de 44 %. De quoi laisser assez de marge de manœuvre à un vaste programme d’investissements en faveur de l’économie.
– Compte tenu des indicateurs positifs, les taux sur les obligations d’Etat tchèques sont presque aussi faibles qu’en Belgique (0,50 % à 10 ans), ce qui est trop faible. Et la couronne est nettement surévaluée, malgré les mesures prises pour la maintenir sous contrôle.

 

Et Candriam Bonds Euro Convergence ?

Que penser de ce fonds investi dans des obligations de toute l’Europe de l’Est ?
Il investit près d’1/3 dans les devises évoquées ci-dessus mais aussi 15 % en livre turque, surévaluée. Restez à l’écart.

 

Adhésion à l’euro ?

– Lors de son adhésion à l’Union européenne en 2004, la Pologne avait laissé entendre qu’elle souhaitait adopter l’euro. Plus de dix ans plus tard, la décision n’a pas été prise. La population, échaudée par la crise de la dette, y est opposée. Cette situation pourrait durer plusieurs années encore, même si le fait que le Polonais Donald Tusk soit aujourd’hui Président du Conseil européen puisse peut-être accélérer le processus.
– Même si la Tchéquie répond aux critères d’adhésion, pareille perspective ne semble pas pour tout de suite (pas avant 2020 selon le premier ministre).
– Pour la Hongrie, une adhésion pourrait encore se faire attendre plus de dix ans (avant de l’envisager cela, le pays souhaite renforcer son économie, ce qui risque de prendre du temps).

 

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