Analyse
Le Mexique compte sur le consommateur américain ! il y a 2 ans - mercredi 3 juin 2015

Avec une économie plombée par le faible prix du baril, le Mexique mise sur la vitalité du consommateur américain pour soutenir sa croissance.

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Le marché obligataire mexicain est globalement peu intéressant. Mais nous sommes plus favorables aux actions. La Bourse est correctement évaluée, les réformes et l’accès privilégié à l’Amérique du Nord devraient attirer les investissements et la démographie est favorable (45 % de la population a moins de 25 ans).
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Dépendance au pétrole

Le pétrole assure ±1/3 des recettes de l’Etat mexicain, grâce à la compagnie pétrolière nationale Pemex. L’impact de toute baisse du prix du baril est donc double : le revenu des exportations diminue et les dépenses publiques doivent être réduites. Le Mexique doit donc rassurer les investisseurs. Il peut invoquer pour cela des réserves de change de 195 milliards de dollars et une ligne de crédit du FMI de 70 milliards. Et à l’heure où la banque centrale américaine prépare un relèvement de taux, estimant qu’un dérapage budgétaire pèserait sur sa capacité à se financer à bon prix, ainsi que sur le peso, il prévoit une nouvelle réduction des dépenses publiques en 2016 (-4,3 % après -3 % en 2015).

 

Doublement pénalisé

Cette réduction des dépenses est un coup dur pour le secteur pétrolier. Avec la fin du monopole de Pemex et l’ouverture du marché pétrolier mexicain à d’autres acteurs, il devait trouver un nouvel élan et bénéficier d’investissements étrangers. Mais face au faible prix du baril, les entreprises du secteur réduisent leurs investissements et les capitaux étrangers se font attendre. Sans parler de la baisse des investissements de l’Etat, avec l’abandon de projets pour moderniser Pemex et ses raffineries.

 

Réformes insuffisantes

Certes, la croissance est au rendez-vous depuis 2012 et les investisseurs apprécient la gestion responsable des finances publiques ainsi que les réformes (hausse de la charge fiscale pour les citoyens et les entreprises pour réduire la dépendance au pétrole, réforme des secteurs de l’énergie et des télécommunications pour les rendre plus concurrentiels…). Mais le bilan pour la majorité des Mexicains est mitigé : les salaires stagnent et la demande des ménages est pénalisée par la hausse fiscale. La croissance est surtout tirée par les exportations et profite peu aux Mexicains.

 

Aide du grand voisin ?

Face au prix actuel du baril et à la nécessité de contenir les dépenses, les autorités comptent sur la demande américaine pour maintenir la croissance. En un an, le peso mexicain a perdu ±20 % face au dollar (alors que le yuan chinois – son grand rival sur le marché américain – est resté stable). Il en résulte un gain de compétitivité pour le Mexique, encore renforcé par la dynamique des salaires (hausse en Chine, stabilité au Mexique).

 

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