Analyse
Volatilité sur les marchés il y a 2 ans - jeudi 18 juin 2015

La faute à la Grèce mais aussi et surtout à la Fed !

Dans ces conditions, nos portefeuilles diversifiés, qui évitent largement les marchés obligataires où les rendements restent globalement trop réduits au vu des risques encourus, sont selon nous bien placés pour faire face à la volatilité actuelle.
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La première hausse des taux aux Etats-Unis marquera sans doute le début de la fin des liquidités abondantes et très bon marché. Cette fin ne sera toutefois pas brutale et les marchés bénéficieront encore longtemps de conditions de financement exceptionnelles.

 

A l’heure où nous approchons de la fin du programme d’assistance dont elle bénéficie, la Grèce est une fois de plus pointée du doigt comme la principale responsable de la récente hausse des taux obligataires et du repli des marchés d’actions. Un peu trop simpliste comme raisonnement.

 

Si les craintes autour de la Grèce sont sans doute responsables d’un différentiel de taux d’intérêt plus important entre l’Allemagne d’une part et des pays comme la France, l’Espagne, l’Italie ou le Portugal de l’autre, elles n’expliquent pas nécessairement pourquoi les taux américains à 10 ans sont passés de 2,1 à 2,3 % depuis le début du mois, avec des pics à 2,5%. Elles n’expliquent pas non plus pourquoi le Fed funds rate, le taux de référence de la Réserve fédérale américaine, vient d’atteindre 0,14 %, le niveau le plus élevé depuis plus de deux ans.

 

Si les taux d’intérêt sont orientés à la hausse et si les marchés d’actions se mettent à douter, c’est d’abord selon nous parce que les bons indicateurs de l’économie américaine (amélioration du marché de l’emploi, progression des salaires mais aussi nombre de permis de bâtir au plus haut depuis l’été 2007) confortent l’idée d’une hausse des taux directeurs de la Fed dans les mois à venir. Et avec elle, la fin de la politique monétaire extrêmement accommodante menée depuis décembre 2008.

 

De quoi inquiéter des investisseurs bien conscients que la surabondance de liquidités est pour beaucoup dans les niveaux très élevés atteints par la plupart des marchés boursiers et l’ensemble des marchés obligataires. Leur crainte est donc qu’une remontée des taux américains – qui rendra le crédit (un peu) plus cher – mette fin à ces années de gains boursiers obtenus alors que les économies réelles sont à la peine.

 

Nous pensons cependant qu’il n’y a pas lieu de paniquer. D’abord parce que la Fed n’a nullement l’intention de mettre à mal la reprise ni de pousser à une appréciation excessive du dollar américain. La hausse des taux américains sera donc très progressive. Ensuite, il ne faut pas non plus oublier que si la Fed reste la banque centrale de référence, d’autres comme la Banque centrale européenne, la Banque du Japon et peut-être demain la Banque centrale chinoise inondent à leur tour les marchés de liquidités afin de soutenir leur économie respective.

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