Analyse
Encore miser sur les marchés émergents ? il y a 2 ans - mercredi 15 juillet 2015

Après avoir connu les faveurs des investisseurs pendant des années, les marchés émergents semblent aujourd’hui délaissés. Faut-il encore y investir ?

Oui, mais pas n’importe comment ni n’importe où.
– Restez à l’écart de la Russie (rouble sous-évalué mais Bourse trop volatile) et de la Turquie (Bourse et devise en baisse depuis janvier).
– Au Brésil, la Bourse n’est pas chère mais fort risquée et le marché obligataire est généreux.
Achetez
BNY Mellon Brazil Equity A et HSBC GIF Brazil Bond A.
– En Afrique du Sud, la devise a reculé face au dollar mais est restée stable face à l’euro depuis janvier et la Bourse a gagné 12 %.
Achetez
iShares MSCI South Africa.
– En Indonésie, les projets d’infrastructures devraient renforcer l’économie.
Achetez
Fidelity Indonesia A ou Lyxor ETF MSCI Indonesia.
Pour bien équilibrer ces placements, consultez
notre stratégie. 

 

Problèmes externes

– Avec l’amélioration de l’économie américaine et la perspective de hausse des taux qu’elle induit, les investisseurs exigent des rendements plus élevés des pays émergents (plus risqués). S’ils ne les obtiennent pas, ils se ruent vers la sortie, avec à la clé des problèmes sur les marchés obligataires, mais aussi des actions et des devises.
– En plus, le ralentissement de l’économie chinoise, l’effondrement des cours des matières premières (dont la plupart des pays émergents sont de gros producteurs) et la récente dégringolade de la Bourse chinoise poussent aussi les investisseurs à se méfier des fonds émergents, ce qui nuit à ces marchés d’actions.

 

Problèmes internes

Nombre de pays émergents ont aussi leurs problèmes. Le Brésil, la Russie et l’Afrique du Sud sont très dépendants des matières premières et se sont laissés endormir par la manne de leurs ressources naturelles, sans réformer leur économie peu compétitive. Leurs infrastructures posent aussi problème.
– Au Brésil, les infrastructures routières, ferroviaires et portuaires sont vétustes et l’approvisionnement en eau de São Paulo est difficile. La récession, la corruption chez Petrobras, la défiance des marchés envers le gouvernement et les hausses de taux qui minent la confiance des ménages n’arrangent rien.
– En Russie, la mauvaise qualité des infrastructures pèse sur la croissance, mais pas autant que le recul des prix de l’énergie, la mainmise du Kremlin sur l’économie et les sanctions dont le pays fait l’objet.
– En Afrique du Sud, le réseau électrique est soumis à rude épreuve et les coupures de courant sont fréquentes. Le pays est aussi peu compétitif.
– En Turquie, la balance courante affiche un déficit supérieur à 7 % du PIB depuis 2010 et celui-ci ne se résorbe que lentement. Si l’économie devrait encore croître de 3,7 % en 2015, ce sera surtout grâce aux investissements publics et à une consommation des ménages, rendus possibles par les financements étrangers.
– L’Indonésie est très dépendante des capitaux étrangers pour financer son vaste plan d’infrastructures. Les délais d’exécution et les conditions de financement de moins en moins favorables éveillent les craintes.

 

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