Analyse
La Grèce fait plier les Bourses il y a 2 ans - lundi 6 juillet 2015

Malgré tout, le rendement entre le 01/01/2015 et le 30/06 s’élevait encore à un enviable 12,2 %.

Au référendum, c’est le NON aux mesures exigées par les créanciers ( et recommandé par le Premier ministre grec), qui l’a remporté. Les négociations vont vraisemblablement reprendre. Mais sur quelles bases ? Dans quels délais ?

 

Les valorisations boursières restent élevées mais pas excessives. Nous évitons toujours les Bourses de la zone euro, mais conseillons toujours une stratégie qui surpondère les actions. Certes, les taux en euro pourraient encore monter, au fur et à mesure que l’intervention de la BCE approchera de sa fin (septembre 2016). Mais sans doute pas au-delà des 2 à 2,5 % ! La croissance en Europe restera faible et l’inflation contenue ne poussera pas la BCE à remonter ses taux directeurs.

 

La crise grecque et l’euro

La crise grecque a atteint son paroxysme le 27 juin, avec la rupture des négociations et l’annonce d’un référendum sur le plan proposé par les bailleurs de fonds. Tout a été fait pour que la question posée soit perçue comme un choix sur l’appartenance à la zone euro. Pourtant, sur le marché des changes, l’euro est resté stable face au dollar en juin. Il a oscillé autour de 1,12 USD, débutant à 1,09 USD, culminant à 1,14 USD le 18 juin et terminant à 1,11 USD. Cette stabilité a prévalu face au billet vert, mais aussi face au yen, au franc suisse, à la livre sterling et la couronne suédoise. Cette résistance de l’euro a une double origine. D’une part, même le scénario d’une sortie de la Grèce de la zone euro n’effraie plus les investisseurs. D’autre part, certaines autorités ont œuvré pour éviter une hausse de leur devise face à l’euro. C’est le cas de la banque nationale suisse et de la banque centrale suédoise.

 

Sur le marché obligataire, les répercussions ont été limitées. La hausse des taux européens, entamée en avril, s’est poursuivie. Mais fin juin, le clash entre la Grèce et ses créanciers a créé des tensions dont ont profité les obligations allemandes. Le différentiel de taux entre l’Allemagne et le reste de la zone euro a donc un peu augmenté.

 

La crise grecque et les Bourses

Les négociations, avortées dans un premier temps, ont eu raison des Bourses mondiales en juin. Hésitantes depuis mi-avril face à la remontée des taux, les Bourses, plombées par le rebond de l’euro, affichaient déjà un recul de 1,9 % à la veille du dernier week-end de juin. Mais au final, après l’annonce du référendum, le recul pour l’investisseur en euro s’est élevé à 3,8 % en juin. Le grand krach redouté par certains suite au défaut de paiement officialisé à l’égard du FMI ne s’est toutefois pas produit. Quelle que soit l’issue du scénario, la situation économique et politique de la Grèce pourrait devenir plus problématique encore, mais le risque de contagion nous paraît limité. D’abord, la Grèce représente moins de 2 % du PIB de la zone euro. Son poids économique ne saurait donc affecter le timide rebond économique européen. Ensuite, si les Etats-membres restent exposés à la dette grecque, depuis 2010, les banques européennes ont divisé par six leur exposition. Même s’il est difficile d’estimer les implications d’une aggravation de la crise, on peut affirmer que les « courroies de transmission » sont coupées. Enfin, la BCE dispose maintenant du Mécanisme européen de stabilité, qui lui permet d’acheter de la dette souveraine et contenir toute envolée des taux dans le cas d’un début de contagion.

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