Analyse
L’euro, valeur-refuge il y a 2 ans - vendredi 28 août 2015

L’euro a repris 3 % par rapport au dollar américain sur une semaine, avec un pic à plus de 1,16 USD. Un niveau plus atteint depuis janvier.

Faut-il pour autant revenir à l’achat sur les actifs en euro ? Nous ne le pensons pas. Si la devise est proche de sa juste valeur par rapport au billet vert, les perspectives pour l’économie européenne restent moins brillantes que pour l’économie américaine. Et comme la demande intérieure reste faible, les entreprises européennes restent plus dépendantes que les américaines de marchés comme la Chine. Ce n’est donc pas un hasard si le Dax de la Bourse de Francfort a perdu 6,4 % sur la dernière semaine.
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La forte volatilité des derniers jours et les craintes autour de la Chine et des marchés émergents sont pour beaucoup dans ce retour en force de l’euro. Il y a bien sûr dans ce cas le comportement des investisseurs européens qui, pris de peur, ont rapatrié des capitaux. Mais l’euro est aussi aujourd’hui une des devises les plus utilisées dans le carry trade, cette stratégie qui consiste à emprunter des capitaux là où les taux sont plus bas pour investir là où les rendements offerts sont plus élevés. Longtemps stable face à l’euro, le yuan chinois était ainsi une devise très prisée pour ce genre de stratégies. Sa dévaluation soudaine et le net recul des marchés d’actions chinois ont toutefois incité de nombreux investisseurs à fermer leurs positions, rapatriant leurs capitaux.

 

A cela s’ajoute également la mise en place du 3e plan d’aide financière à la Grèce. Si cet accord est loin d’être convaincant à nos yeux, il éloigne, du moins dans l’immédiat, la perspective d’une sortie du pays de la zone euro, ce qui rassure les marchés.

 

Voilà pourquoi, malgré le programme de création de liquidités de la Banque centrale européenne, l’euro est sorti renforcé de ces semaines de forte volatilité. Et à un moment où, face aux craintes sur l’économie chinoise et l’étendue de son impact sur l’économie mondiale, la Réserve fédérale américaine est incitée à retarder sa première hausse des taux directeurs, un nouvel accès de faiblesse de notre devise face au dollar américain apparaît moins probable.

 

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