Analyse
Allemagne : horizon moins dégagé il y a 2 ans - mercredi 7 octobre 2015

L’Allemagne connaît une année chahutée… Pas vraiment du goût de la Bourse de Francfort. Est-ce l’occasion de revenir sur ce marché ?

Non. Car si le scandale VW est le risque n°1, il n’est pas le seul. La Bourse de Francfort n’est pas bon marché et nous n’y sommes pas acheteurs, vu les doutes qui affectent certains grands acteurs. Conservez néanmoins Allianz, BASF, Lufthansa, Deutsche Post, E.ON, Metro et Siemens, ainsi que, en attendant d’y voir plus clair, BMW, Daimler et même Volkswagen VZ, à condition d’en accepter le risque.

 

Des hauts et des bas

Cet été, l’Allemagne a donné le ton sur le terrain de la politique budgétaire. Mais aussi sur celui de l’accueil des réfugiés. Le pays a fait le choix d’en accueillir un grand nombre. Une décision possible grâce à la reprise du pays (soutenue par les ménages), motivée par un marché du travail en pleine forme (manque croissant de main-d’œuvre) et par le vieillissement de la population (menace de crise démographique).
Mais depuis quelques semaines, l’horizon s’assombrit. Le ralentissement de la Chine pèse sur les exportations allemandes. Et le scandale VW menace un de ses fleurons : l’automobile. Depuis le 11 août, veille de la dévaluation du yuan, le DAX a cédé ±20 %.

 

Chine : dépendance limitée

Aux yeux des investisseurs, la dévaluation du yuan prouve que Pékin estime que son économie est à la peine. Et selon eux, une Chine dont la croissance ralentit et dont la devise se déprécie face à l’euro, importera moins de produits teutons.
Mais cette vision est à relativiser. Car si la demande chinoise augmente moins vite que par le passé, la plupart des acteurs présents ne font pas état d’une chute de la demande. De plus, la Chine n’est que le quatrième client de l’Allemagne.

 

Industrie automobile menacée

VW, premier constructeur auto mondial, doit défendre sa réputation et celle de l’ensemble du secteur auto allemand. Les autorités de Berlin sont conscientes de la menace qui pèse sur un des plus importants secteurs de l’industrie allemande (plus de 750 000 salariés, près de 20 % des exportations du pays, la vitrine de son savoir-faire…). Une perte de confiance des consommateurs serait néfaste à l’ensemble de l’économie teutonne.

 

Retour de la déflation

D’autres indicateurs laissent apparaître une légère baisse de régime de l’Allemagne. L’indice PMI révèle une activité industrielle en expansion mais ralentie. Le taux de chômage reste faible mais en légère hausse. Et l’Allemagne vient de retomber en déflation, suite à la faiblesse du prix du pétrole. Certes, les ménages allemands bénéficient de salaires réels en hausse (+ 2,5 % au 1er trimestre), mais la perspective d’une baisse des prix et les craintes concernant l’industrie auto pourraient les inciter à postposer des achats... Un coup dur pour l’économie.

 

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