Analyse
Retour de la menace de déflation il y a 2 ans - mercredi 21 octobre 2015

Est-ce une raison de poursuivre la politique du taux zéro ?

Non. Selon nous, c’est une erreur.
Cela n’aide pas l’économie et cela risque de conduire à une nouvelle crise.

 

Dans les grandes économies développées, si l’inflation a connu une timide hausse cet été, elle est à présent repartie à la baisse. En septembre, aux USA, elle est devenue nulle; en Angleterre et dans la zone euro, on a assisté à un recul des prix à la consommation. De quoi faire resurgir le spectre de la déflation, et partant, les discours réclamant un nouvel assouplissement monétaire dans la zone euro, ou un report de la normalisation aux USA et en Angleterre.

 

Mais prétexter la faiblesse inflationniste pour poursuivre la politique du taux zéro est une grave erreur.

 

Certes, les assouplissements monétaires mis en œuvre par la Fed, la Banque d’Angleterre et la BCE ont permis de surmonter l’éclatement de la bulle immobilière aux USA et l’endettement des ménages en Angleterre, ainsi que de mettre fin à la crise des dettes publiques dans la zone euro. Par ce biais, elles ont incontestablement contribué à la reprise.
Mais elles n’ont jamais permis à l’inflation de revenir à l’objectif officiel de 2 %. Et prolonger la politique du taux zéro n’y changera rien. L’exemple du Japon le prouve : bien qu’adepte de longue date de la même politique, le pays n’a jamais réussi à atteindre son objectif d’inflation de 2 %. Une fois passé le choc initial qui a fait plonger le yen et renchéri les importations, l’inflation nippone est redevenue nulle.

 

L’argent injecté par les banques centrales ne permettra pas de faire décoller les prix, parce que l’économie mondiale est confrontée à un excès d’offre, tant de matières premières, que de produits industriels et des biens de consommation. Et l’origine de ce déséquilibre est dans le ralentissement de la demande du monde émergent. Pas dans les pays développés. Inonder les pays développés de liquidités n’a donc pas de sens en ce qui concerne l’inflation. Y poursuivre la politique du taux zéro, c’est donner le médicament au mauvais patient.

 

Et c’est aussi fausser le marché obligataire, où les taux ne reflètent plus rien !

 

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