Analyse
Miser sur une dépréciation de l’euro face au dollar ? il y a un an - mercredi 25 novembre 2015

C’est actuellement le pari préféré des marchés financiers. Ont-ils raison ?

Le raisonnement actuel des marchés est certes irréfutable. Mais ce qui est vrai pour les prochaines semaines ne l’est pas forcément pour un horizon plus long.
Nous prévoyons plutôt une stabilisation de l’euro autour de son niveau actuel.
Et ces dix prochaines années, l’euro devrait même s’apprécier en moyenne d’un peu moins de 2 % par an face au dollar.

 

Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale se prépare à relever pour la première fois son taux directeur en décembre. Aussi, les rendements obligataires, déjà en hausse ces dernières semaines, sont-ils appelés à encore augmenter.

Dans la zone euro, c’est l’inverse qui se produit. Avec le renforcement annoncé par la BCE de l’assouplissement monétaire, si pas une nouvelle baisse de certains taux directeurs, les taux d’intérêt, déjà extrêmement faibles, continuent de reculer. En conséquence, un placement en euro rapporte de moins en moins et offre même des taux d’intérêt négatifs sur certaines obligations d’Etat, parfois même pour les échéances longues. De l’autre côté de l’Atlantique, les rémunérations offertes par le dollar sont un peu plus généreuses.

Entre ces deux alternatives, le choix des marchés penche logiquement pour le billet vert et l’euro est délaissé. Et il est vrai que celui-ci subira des pressions baissières ces prochaines semaines. Le retour à l’équilibre (un dollar pour un euro) n’est pas impossible.

Mais à plus long terme l’euro devrait s’apprécier, e.a. en raison d’une inflation qui s’annonce plus élevée aux USA.

L’horizon de placement est donc essentiel pour déterminer sa stratégie. Celui qui veut spéculer sur quelques semaines (ce que nous déconseillons) peut parier sur une hausse du dollar face à l’euro. Dans une optique d’un an, cela n’a plus de sens, même pour les spéculateurs. Le gain de change attendu est en effet nul pour un surplus de rendement obligataire relativement limité. Et dans une optique de dix ans, compte tenu de la hausse attendue de l’euro et de la faiblesse des rendements offerts outre-Atlantique, il n’y a pas lieu d’investir dans l’obligataire américain.

 

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