Analyse
Canada : déception en 2015… rebond en 2016 ? il y a un an - mercredi 13 janvier 2016

En 2015, la croissance économique canadienne a déçu, suite au repli des prix des hydrocarbures et des matières premières en général.

Mais le Canada est une économie diversifiée, de sorte que 2016 devrait être marquée par un début de rebond. La pression sur les actions est exagérée. La Bourse de Toronto est dès lors intéressante (rendement espéré supérieur à la plupart de ceux de la zone euro, pour un risque comparable). Et le dollar canadien est sous-évalué de ±10 % face à l’euro. Consacrez 5 % de votre avoir au tracker iShares MSCI Canada UCITS.
Restez par contre à l’écart de l’obligataire canadien.

 

Croissance et dollar en berne

Ces dernière années, le succès de l’économie canadienne était en grande partie issu des matières premières et, en particulier, des hydrocarbures (±1/7 du PIB, 5 % de l’emploi, 1/3 de la capitalisation boursière de Toronto). Ce n’est donc pas une surprise si l’économie canadienne a été à la peine en 2015. La chute des prix des hydrocarbures a pesé sur les exportations et plongé la balance commerciale dans le rouge. Le net repli de l’investissement dans le secteur et le rebond du chômage ont fait le reste. La croissance 2015 a dès lors à peine dépassé 1 %. Elle a aussi inquiété les investisseurs : depuis début 2015, Toronto a perdu plus de 10 %. Quant au dollar canadien, face en plus à la perspective de taux plus élevés aux USA, il a perdu 7 % face à l’euro et 16 % face à son cousin américain.

 

Plus que du pétrole

Le Canada a les moyens de rebondir. Son économie est dynamique, diversifiée, ouverte, compétitive, bien gérée, avec un marché du travail assez performant. La volonté politique et le la marge de manœuvre budgétaire sont là pour relancer l’économie. Le Canada, qui a des finances publiques très saines (AAA), pourra lancer un vaste programme de remise à niveau des infrastructures, financé par des déficits budgétaires modérés. D’autant que jusqu’ici, la Banque du Canada n’a pas eu recours à des mesures non conventionnelles (achat massif d’actifs financiers,…) et que ses taux directeurs (actuellement à 0,5 %) peuvent encore baisser. En outre, grâce à la hausse des salaires et une inflation contenue, le pouvoir d’achat des ménages progresse toujours. Il est un pilier de la croissance et tout porte à croire qu’il le restera. Enfin, la sous-évaluation du dollar canadien face à l’euro et au dollar américain donne un avantage compétitif aux producteurs canadiens, qui profitent aussi de la reprise chez leur plus gros client : les USA. Les secteurs auto, aéronautique, électronique, biens de consommation et équipement industriel connaissent déjà des taux de progression importants. Le tout pourrait inciter les entreprises, qui disposent d’une épargne record, à investir.

 

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