Analyse
Panique sur les Bourses chinoises ? il y a un an - jeudi 7 janvier 2016

Pour la deuxième fois en quatre jours, sur la Bourse chinoise, les coupe-circuits ont été enclenchés.

Les nouveaux coupe-circuits instaurés prévoient une interruption de séance pendant 15 minutes lors d’une baisse de 5 % et la clôture de la séance en cas de chute de 7 %. Mais l’investisseur en actions chinoises ne doit pas paniquer. Certes, l’économie chinoise ralentit et les prochains trimestres s’annoncent difficiles. De plus, les actions chinoises, largement détenues par des petits porteurs, sont très volatiles. Mais ce n’est pas neuf et cela ne remet pas en cause la potentiel à long terme des Bourses chinoises, lesquelles restent dans nos portefeuilles. 

 

Lundi, l’interruption de séance est survenue quatre heures après l’ouverture des Bourses et la fin définitive, 7 minutes après la reprise des échanges. Et lors de la dernière séance, l’interruption est venue seulement 12 minutes après l’ouverture des portes et la fin de la séance, 2 minutes après la reprise !

 

En cause, trois facteurs :

- un facteur technique
Au lieu d’apaiser les marchés, les nouveaux coupe-circuits créent la panique. L’interruption temporaire des échanges précipite la chute et la fermeture définitive des Bourses est dès lors très rapide. D’autant que les seuils de 5 % et 7 % sont mal calibrés : depuis 2005, un des principaux indices de la Bourse de Shanghai a perdu 5 % plus de 100 fois et une correction de 7 % est arrivée plus de 30 fois !

 

- un facteur calendrier
Pour endiguer la panique boursière déjà à l’œuvre en juillet 2015, les autorités chinoises ont interdit aux actionnaires détenant des participations de plus de 5 % dans des sociétés chinoises cotées de vendre pendant 6 mois. Anticipant la fin de cette interdiction ce 8 janvier, les petits investisseurs revendent leurs actions avant que les gros porteurs ne puissent le faire.

 

- un facteur conjoncturel
L’évolution du yuan inquiète les marchés. La panique de la dernière séance a été déclenchée par la Banque centrale chinoise qui a dévalué le cours pivot de sa devise. Cette dévaluation (1,5 % depuis le début de l’année face au dollar après un recul de 4,7 % en  015), orchestrée par les autorités chinoises pour soutenir les exportations et l’activité économique, est interprétée par les marchés comme un signe que la détérioration de l’économie s’accélère.

 

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