Analyse
Le Brexit est-il vraiment un des risques majeurs de 2016 ? il y a un an - mercredi 10 février 2016

Non. Le référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne sera selon nous un non-événement.

Si les revendications de Cameron ont un temps laissé craindre un divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, le compromis proposé écarte ce scénario et le référendum ne menace plus l’économie britannique.
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Referendum

Les Britanniques devront se prononcer au plus tard fin 2017 sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union, via un référendum, promis par David Cameron lors de sa campagne, pour satisfaire les eurosceptiques de son parti et couper ainsi l’herbe sous le pied au parti indépendantiste Ukip. Un référendum qui est aussi devenu un outil pour obtenir des concessions auprès de l’Union européenne : Cameron demande que les intérêts des pays qui n’ont pas adopté l’euro soient protégés, il exige moins de contraintes législatives et bureaucratiques pour améliorer la compétitivité des entreprises, il demande une finalisation rapide des accords de libre-échange avec les partenaires non européens, il veut garantir l’indépendance politique du Royaume-Uni en renforçant le rôle des parlements nationaux dans le processus législatif européen, il veut réduire l’immigration et limiter les allocations sociales aux nouveaux arrivants.

 

Compromis ?

Si certaines demandes ont trouvé une oreille attentive auprès de l’Union, d’autres, en contradiction avec des traités en vigueur, ont été jugées irrecevables. Le Président du Conseil européen a toutefois formulé une proposition : une lettre plutôt brève envoyée aux 27 partenaires, suffisamment vague pour contenter tout le monde et dont les points les plus sensibles restent à négocier. Mais Cameron se contentera de ce compromis qui lui permet d’en sortir la tête haute. L’essentiel de ses revendications y étant repris (et même si les propositions n’y répondent que partiellement), il peut se prévaloir d’avoir été entendu. Le référendum pourra donc être organisé, sans risque de rejet de l’Union.

 

Le page sera vite tournée

L’économie britannique souffrant malgré tout du ralentissement international (croissance de 1,9 % au 4e trimestre 2015 contre 2,5 % au 1er trimestre), la question du maintien du Royaume dans l’Union a une importance économique : elle freine les investissements des entreprises et risque d’affecter la consommation des ménages. Le compromis proposé est donc important. S’il est approuvé, il ouvrira la porte à une organisation rapide du référendum, peut-être dès juin, et à un vote en faveur de l’Union. Les entreprises tourneront alors la page (un rebond des investissements au second semestre est possible) et les ménages consommeront, soutenus par le plein-emploi (taux de chômage de seulement 5,1 %). La livre anglaise devrait aussi reprendre des couleurs, d’autant plus lorsque la Banque d’Angleterre quittera son attentisme (lié au référendum) et relèvera son taux directeur.

 

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