Analyse
Les fonds souverains sont-ils responsables des actuels malaises boursiers ? il y a un an - mercredi 17 février 2016

En partie, certainement. Mais pas uniquement. Car si les fonds souverains vendent des actifs, ce sont souvent des obligations, dont les rendements sont trop faibles.

Les actions restent plus prometteuses. Les pays industrialisés se rapprochent de leur taux de croissance potentiel. Au final, l’économie mondiale est plutôt méritoire.
Aussi, en dépit des turbulences actuelles, continuez d’investir plus en actions qu’en obligations. Pour savoir dans quelles proportions, consultez
notre stratégie. 

 

Fonds souverains ?

Les pays exportateurs de matières premières ont profité d’une période de prix très élevés de ces matières pour se constituer une belle manne financière. Et beaucoup d’entre eux ont décidé de faire fructifier cette épargne en la logeant dans un fonds de placement appartenant à l’Etat : un fonds souverain.

 

Acteurs de poids

Entre 2009 et 2014, les avoirs des fonds souverains ont augmenté en moyenne de 12 % par an. Mi-2015, ils dépassaient 7 200 milliards de dollars, dont quelque 4 200 milliards pour les seuls pays exportateurs d’hydrocarbures. En 2015, selon certains, ces fonds détenaient 9 % de tous les actifs boursiers et obligataires mondiaux. Une présence sur les marchés capable de soutenir les cours des actifs !

 

Changement de tendance

La chute des prix du baril entamée il y a 18 mois a cependant changé la donne. Les bénéfices liés au secteur des hydrocarbures se sont réduits. L’investissement dans ces secteurs a quasi disparu. Les pays concernés ont dû faire face à une activité économique réduite et à la chute des recettes fiscales. Les fonds souverains n’ont donc plus fonctionné de la même manière. Un tassement qui a sans doute déjà contribué en partie à la décevante performance des Bourses depuis le printemps 2015.

 

Le pire était à venir

Dans un premier temps, les pays producteurs d’hydrocarbures ont mis en place des mesures d’austérité provisoire. Mais le rebond attendu du prix du baril n’a pas eu lieu (l’Arabie Saoudite a continué de produire énormément pour anéantir ses concurrents, ceux-ci, cherchant à renflouer les caisses de leur Etat, ont aussi continué de produire et dans le même temps, la demande évoluait peu). La chute du prix du baril a ainsi eu raison des finances de nombre de pays, qui ont ainsi souvent dû récupérer leurs capitaux investis. On estime que plus de 150 milliards de dollars d’actifs financiers ont été vendus en 2015. Parmi les plus gros retraits, l’Arabie Saoudite (près de 70 milliards) et le Kazakhstan (près de 10 milliards). Abou Dhabi devrait aussi se débarrasser de 27 milliards. Et ce n’est sans doute pas fini, vu que, depuis début 2016, les cours du pétrole ont continué de baisser.

 

Ne pas surestimer

Près de deux tiers des actifs vendus par les fonds souverains sont cependant des obligations d’Etat, dont les rendements sont faibles. Des ventes rapidement compensées par les achats des banques centrales et par ceux des investisseurs qui cherchent la sécurité (ce qui maintient les taux à des niveaux très bas).
Les ventes d’actions par les fonds souverains sont certes moins bien compensées car les investisseurs restent prudents face à la situation des pays émergents, des secteurs des mines, de l’énergie ou des banques. Mais les retraits des fonds souverains ne sont pas pour autant la cause principale des déboires boursiers de ce début d’année. Ils représentent à peine plus d’1 % du total des actifs détenus.
Aussi, si la valeur des fonds souverains fond, c’est surtout parce qu’elle souffre de la méforme des marchés. C’est le cas du fonds souverain norvégien, le plus gros au monde, dont la valeur a chuté de 900 à 797 milliards de dollars.

 

Partagez cet article