Analyse
Vietnam : l’an 2016 sera-t-il aussi bon que 2015 ? il y a un an - jeudi 4 février 2016

En 2015, le Vietnam a réalisé une croissance économique de 6,6 %, tout en maintenant son inflation à moins de 1 % ! Faut-il dès lors miser sur cet exemple pour 2016 ?

Pas vraiment. Certes pour l’heure, le Vietnam tient mieux le coup que la plupart des autres pays émergents : sur un an, sa devise a peu reculé face au dollar et a à peine bougé face à l’euro. Quant au marché Boursier vietnamien, il n’a perdu que 9 % sur un an. Le potentiel est là mais l’année qui commence risque d’être mouvementée. La conjoncture qui se dégrade doit inciter à la prudence.
Nous ne vous conseillons pas d’investir au Vietnam pour l’instant.

 

Moteurs de croissance en 2015

L’économie vietnamienne a été propulsée en 2015 par divers éléments.
– La consommation des ménages a grimpé de 7,5 %. Grâce à la hausse des salaires, à une inflation très réduite et à un système de sécurité sociale de plus en plus généreux, les ménages se sont montrés con-fiants et ont consommé.
– Les dépenses publiques ont connu une hausse de 7 %. La mise à niveau de l’infrastructure s’est poursuivie et des mesures d’assouplissement des conditions des pensions ont été adoptées… Certes, cela se traduit par des déficits budgétaires (4 à 4,5 % du PIB ces dernières années). Mais au vu de la croissance, ce n’est pas encore inquiétant.
– L’investissement des entreprises a progressé de 9,6 %.

 

Plus difficile en 2016

– Cette année, compte tenu de la dévaluation progressive des devises de beaucoup de pays concur-rents, le Vietnam devra intervenir sur sa devise, le dong. Le lien du dong avec le dollar américain devra être assoupli. Et cet affaiblissement du dong induira une hausse de l’inflation.
– Les investisseurs internationaux se montrant très frileux à l’égard des finances publiques des pays émergents, le Vietnam sera forcé de réduire ses déficits budgétaires, ce qui pèsera sur sa croissance.
– Suite à l’engouement des vietnamiens pour le crédit et à l’augmentation du nombre de créances dou-teuses qui en résulte et qui pèse sur le bilan des banques, les autorités ont dû introduire des mesures prudentielles restreignant quelque peu l’octroi de crédit, ce qui pèsera aussi sur la croissance.
– Le pays est traversé par une vague de sentiment antichinois et de protectionnisme. Cela ne devrait pas trop affecter l’investissement étranger (car la Chine investit peu au Vietnam), mais bien le com-merce entre les deux pays (assez important) ainsi que le secteur du tourisme (les touristes chinois sont jusqu’ici nombreux au Vietnam).

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