Analyse
Brésil : la crise n’est pas finie ! il y a un an - mercredi 23 mars 2016

Les Brésiliens réclament le départ de leur présidente… Mais le real et les actions grimpent ???

Le Brésil traverse la pire crise de son histoire. La contestation populaire atteint son paroxysme. Et pourtant, le real et les actions sont en hausse depuis plusieurs semaines.
Aussi, même si le blocage politique continuera de paralyser l’action gouvernementale, ne fuyez pas les actifs brésiliens.
Le real étant sous-évalué et les taux élevés, les obligations en real sont conseillées. Consacrez-y 5 % de votre portefeuille via
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Les actions brésiliennes sont aussi intéressantes. Un investisseur ayant un profil dynamique et une optique de long terme peut investir 5 % de son portefeuille dans
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Récession sans fin

En récession depuis le 2ème trimestre 2014, l’économie brésilienne continue de s’enfoncer dans la crise. Après avoir stagné sur l’ensemble de 2014 et chuté de 3,8 % en 2015, le PIB est de nouveau attendu en repli cette année. Le Brésil ne sortira que progressivement la tête hors de l’eau et ne retrouvera qu’une légère croissance en 2017. Au total, la chute cumulée de l’activité économique entre début 2014 et fin 2016 pourrait dépasser 10 %. L’inflation dépasse aussi 10 % depuis novembre. Le déficit public a atteint 10 % du PIB en 2015. Et le chômage atteindra 10 % cette année.

 

Rebond de la Bourse et du real

Depuis le 26 janvier, les actions brésiliennes ont bondi de 25 %. Parallèlement, le real s’est apprécié de 10 % face à l’euro. En cause, l’accélération des enquêtes judicaires visant la corruption des dirigeants politiques : arrestation pour interrogatoire de l’ancien président Lula dans le cadre de l’enquête sur Petrobras et les pots-de-vin; des chefs d’entreprises, des hommes politiques et des hauts responsables sont déjà en prison; et l’étau se resserre autour de Rousseff (les investisseurs espèrent sa démission).

 

Retrouver un gouvernement actif

La crise politique empêche de prendre les mesures pour faire face à la récession. La démission de Dilma Rousseff serait un premier pas. Mais la présidente ne lâchera pas les rênes facilement. Pour bénéficier de l’immunité judiciaire, Lula a rapidement intégré le gouvernement. De plus, l’opposition n’a pas vraiment de solution de rechange : son leader est aussi suspecté de malversations. Rien ne laisse donc présager une fin rapide du blocage et l’embellie des marchés est prématurée. Mais elle montre que les investisseurs n’ont pas perdu confiance dans les actifs brésiliens. La crise ne s’est pas transformée en débâcle. Le pays a préservé son potentiel.

 

En attendant des jours meilleurs

Le Brésil d’aujourd’hui est plus solide que le Brésil d’hier. Alors qu’une crise d’une telle ampleur aurait par le passé conduit à la faillite de l’Etat, Brasilia n’a aucun problème de financement. La rapide hausse de la dette publique n’est certes pas soutenable à long terme. Mais un défaut de paiement n’est pas à l’ordre du jour. D’autant moins que les comptes extérieurs se sont améliorés : en février, les importations se sont effondrées de 30 % par rapport à un an plus tôt, mais les exportations ont progressé de 10 %.

 

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