Analyse
Danger de Brexit = vendre vos actions britanniques ? il y a un an - mercredi 2 mars 2016

Au Royaume-Uni, le pays reste très divisé en ce qui concerne son appartenance à l’Union européenne. Un danger pour vos actions anglaises ?

Non. Nous pensons que le pays restera membre de l’Union et ne pensons pas qu’il faille vendre ses actions britanniques.
Vous pouvez toujours y consacrer 15 % de votre portefeuille de fonds via
Invesco UK Equity Fund A.
Parmi les actions financières, vous pouvez acheter
Barclays à condition d’en accepter le risque. Parmi les géants, peu menacés, achetez Rio Tinto et Vodafone. Parmi les plus petites entreprises, optez pour les plus défensives telles que National Grid, Sainsbury et Pearson.

 

Le danger est à court terme

La question qui divise le Royaume-Uni sera réglée lors d’un référendum le 23 juin. Mais si Cameron estime avoir réuni les conditions pour que l’appartenance à l’Union soit maintenue, les eurosceptiques continuent de voir en cette appartenance la racine de tous les maux du pays. La réalité est plus complexe mais une chose est sûre : à court terme, le risque lié au Brexit sont plus importants qu’un statu quo.

 

L’investissement fait défaut

L’économie britannique a crû de 2,2 % en 2015 et devrait faire de même en 2016. Mais c’est grâce aux dépenses des ménages. Dans les entreprises, l’investissement fait défaut, la productivité est faible et la compétitivité insuffisante. En 2015, la balance courante a été en déficit et le déficit budgétaire était de 4,4 %. Car le manque de visibilité sur l’avenir ne rassure pas les entreprises (qui sont globalement contre le Brexit).

 

La Livre souffre

Longtemps, la devise britannique a été surévaluée face à l’euro. Mais à présent, elle souffre des déficits, du manque d’investissement et du passage à vide des matières premières (secteur très présent sur la Bourse de Londres et dans la City). Elle a déjà chuté face à l’euro et au dollar depuis l’été 2015 et ce n’est sans doute pas fini, vu le danger de Brexit et le fait que la Banque d’Angleterre renonce à relever ses taux.

 

La Bourse est intéressante

La chute de la livre chute rend le marché britannique intéressant pour les étrangers et favorise les exportations. De plus, Londres est la première capitalisation boursière européenne. Bon nombre d’actions cotées à Londres sont des multinationales réalisant la majorité de leur chiffre d’affaires à l’étranger et bénéficiant donc de la chute de la livre. La Bourse de Londres, en recul depuis son sommet d’avril 2015, offre toujours des espoirs de rendement supérieurs à ceux de la zone euro, pour une volatilité moindre.

 

Le secteur financier est très concerné

Le secteur financier et la City de Londres comptent parmi les plus concernés par les risques du Brexit. Les grandes sociétés de services (HSBC, Barclays, Prudential, Aviva,) pourraient perdre l’autorisation de travailler dans l’UE et/ou devoir payer les frais d’une relocalisation. Francfort ou Paris deviendraient des concurrents de taille pour Londres. A terme, ces problèmes peuvent se régler, mais après une (longue) période d’incertitude. Les banques dites locales ou de détail (Lloyds, RBS) seraient moins touchées (même si le crédit immobilier pourrait souffrir si le Brexit entraîne le départ de travailleurs ou investisseurs étrangers et/ou si des Britanniques sont appelés à s’expatrier).

Les géants de la Bourse sont peu inquiétés

– Rio Tinto, focalisé sur l’évolution des prix mondiaux des matières premières, a brusquement stoppé ses efforts pour accroître ses capacités de production. Mais sa taille et sa bonne santé sont des atouts. Et, publiant en dollar, il souffre peu des troubles politiques et monétaires du Royaume-Uni.
– Vodafone ne génère au Royaume-Uni que 11,6 % de ses profits. Si la livre recule, son bénéfice exprimé en livre sera dès lors gonflé, ce qui aura un impact positif sur le cours et neutralisera en grande partie l’impact de change pour l’investisseur en euro.

 

Les entreprises locales sont plus touchées

Les petites entreprises et les grandes qui comptent surtout sur le marché intérieur souffriront de la hausse du coût des importations, sans pour autant exporter davantage. Les plus grandes ayant plus de ressources pour s’adapter, optez pour elles, en privilégiant celles qui sont géographiquement bien diversifiées et à caractère défensif comme p.ex. :
– National Grid, qui cherche des relais de croissance hors frontières, assure 20 % de son activité aux USA et a récemment mis en vente sa division distribution de gaz au Royaume Uni. Son activité étant régulée, ses revalorisations tarifaires permettent de financer sa croissance et le dividende.
– Sainsbury souffrira de la hausse des prix des produits importés et des frais liés au transport mais tentera de répercuter cela sur les prix de vente. Même si cela ne sera pas évident, vu la concurrence, sa position est privilégiée (marges confortables).
– Pearson profite de la chute de la livre (il réalise les deux tiers de ses ventes et bénéfices aux USA).

 

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