Analyse
Brésil : l’espoir renaît il y a un an - mercredi 13 avril 2016

Avec un gain de plus de 11 % pour l’indice Bovespa depuis janvier et un real qui a repris 4 % face à l’euro sur la même période, le Brésil offre un beau début d’année à l’investisseur.

Le Brésil bénéficie d’une conjoncture plus favorable et de la perspective d’une destitution de Dilma Rousseff. Certes, il mettra du temps pour retrouver une croissance proche de son potentiel. Mais le real et la Bourse sont sous-évalués et méritent une petite place dans votre portefeuille. Avec un risque supérieur à la moyenne ! Si vous l’acceptez, vous pouvez investir 5 % de votre portefeuille dans le fonds d’actions BNY Mellon Brazil Equity. Et pour profiter des rendements élevés de l’obligataire brésilien, vous pouvez consacrer 5 % au fonds HSBC GIF Brazil Bond A.

 

Rousseff vers la sortie

Si les actifs brésiliens reprennent des couleurs depuis le début de l’année, c’est d’abord grâce à la procédure de destitution en cours contre la présidente Dilma Rousseff, dont le mandat s’est caractérisé par l’incapacité à réformer l’économie ou à créer un climat favorable aux affaires. De plus, le gouvernement a trempé dans le scandale de corruption de Petrobras. Les investisseurs placent donc aujourd’hui de nombreux espoirs dans cette procédure. Si elle détermine la mise à l’écart de Rousseff, elle devra ensuite être confirmée par le Sénat après l’été. Une issue d’autant plus plausible que Rousseff vient d’être lâchée par un parti allié.

 

Fed et matières premières

Le rebond des actifs brésiliens est aussi favorisé par la politique prudente de la Fed. En freinant autant que possible la normalisation de ses taux, la Fed assure le maintien d’un crédit abondant et bon marché aux USA et un peu partout dans le monde. Une excellente nouvelle pour le Brésil qui avait beaucoup souffert de la perspective d’une hausse de taux. Le taux à 10 ans offert par l’obligataire d’Etat brésilien est ainsi « retombé » à 14,2 %. Les flux de capitaux entre le Brésil et le reste du monde s’équilibrent davantage, ce qui soutient le real. Enfin, l’atterrissage en catastrophe craint pour la Chine (premier partenaire commercial du Brésil !) n’a pas eu lieu et la deuxième économie mondiale donne des signes de stabilisation. Cela fait aussi rebondir le cours de matières premières, dont le Brésil est un gros exportateur.

 

Reste à concrétiser

Le pays traverse toujours une profonde récession. Les ménages sont très endettés et l’inflation (proche de 10 %) mine leur pouvoir d’achat. Les infrastructures restent à la traîne et les marchés brésiliens, très fermés à la concurrence étrangère, s’avèrent peu efficients. Quant au climat des affaires, il souffre toujours de la bureaucratie et de la corruption.

 

Partagez cet article