Analyse
Suède : l’inflation avant tout il y a un an - mercredi 6 avril 2016

Si les taux directeurs en Suède sont négatifs, le pays n’en a pas moins enregistré une croissance économique de 4,5 % au dernier trimestre 2015.

La Bourse de Stockholm offre des espoirs de rendement meilleurs que la zone euro, pour un risque à peine supérieur. Les actions suédoises représentent 5 % de notre portefeuille au travers du tracker XACT OMXS30 (qui investit dans les trente plus grandes actions suédoises à peu de frais). Si votre intermédiaire ne propose pas ce tracker, rabattez-vous alors sur iShares MSCI Sweden notre second choix.

 

Restez cependant à l’écart de l’obligataire suédois. Car si le taux à 10 ans (0,8 %) reste élevé par rapport aux autres pays d’Europe et que, fondamentalement, on peut attendre une hausse de la couronne à long terme, la volonté de la Riksbank d’empêcher la couronne de s’apprécier risque de l’emporter.

 

Entre dynamisme et surchauffe de l’immobilier

Une croissance de 4,5 % fait immédiatement penser aux marchés émergents. Or c’est bien en Europe que la Suède parvient à afficher de tels chiffres, avec une forte demande intérieure, un budget proche de l’équilibre et une dette publique égale à 44 % du PIB seulement. De quoi se targuer d’un rating AAA sur sa dette souveraine. Les Suédois ont confiance, grâce au crédit bon marché, à l’amélioration du marché du travail et à l’effet de richesse lié à l’appréciation de l’immobilier; leur demande constitue la clé de voûte de leur économie.

 

Principales ombres au tableau : l’appréciation excessive de l’immobilier et de l’endettement des ménages.
Les prix de l’immobilier résidentiel ont grimpé en moyenne de 49 % depuis 2012 et le taux d’endettement des ménages avoisine 180 % du revenu disponible.

 

La Riksbank envisage dès lors des mesures, comme la fin des prêts hypothécaires sans remboursement de capital. Par contre, elle se garde de resserrer sa politique monétaire (faire repartir les taux à la hausse) et préfère mettre l’accent sur la responsabilité du gouvernement et du parlement à mieux réguler ce marché.

 

Rien que l’inflation

Si la Riksbank se préoccupe aussi peu de ce qui se passe sur le marché immobilier, c’est parce que son seul objectif est le contrôle de l’inflation. Malgré la bonne performance de l’économie, elle n’hésite pas établir ses taux directeurs en négatif pour soutenir l’inflation, trop faible. Elle a aussi mis en place un programme de création monétaire visant le rachat d’obligations d’Etat jusqu’au mois de juin, pour un total de 200 milliards de couronnes. Enfin, elle s’est donné les moyens d’intervenir sur les marchés des changes pour éviter qu’une appréciation de sa couronne ne se traduise par des produits importés moins chers qui renforceraient la tendance déflationniste. Mais si Stockholm suit de près l’évolution de sa couronne et intervient sur les marchés des changes, c’est parce que sa devise – sous-évaluée depuis longtemps –offre à l’économie une meilleure compétitivité qui contribue à la bonne santé des exportations (depuis 2010, en moyenne, le surplus de la balance courante est proche de 6 % du PIB).

 

Partagez cet article