Analyse
Chine : croissance plus modeste il y a un an - mardi 24 mai 2016

Faut-il encore investir dans ce pays ?

Oui. Car même si la Chine va s’habituer à une croissance moins élevée que par le passé (env. 3,5 % à terme au lieu de 6,9 % en 2015), avec la montée en puissance des ménages et des services, elle restera plus dynamique que la plupart des pays industrialisés. De quoi garder une place dans nos portefeuilles. Pour miser sur les actions chinoises, privilégiez le fonds Fidelity China Focus A EUR.

 

Economie plus proche de la maturité

Pendant des décennies, le pays a fait de la croissance sa priorité. Et son modèle basé sur les exportations, les investissements et les infrastructures a porté ses fruits et sorti des millions de ménages de la pauvreté, tout en favorisant la migration la plus importante de tous les temps, des zones rurales vers les zones urbaines. Aujourd’hui, la Chine dispose d’infrastructures impressionnantes (un réseau autoroutier de 123 000 km, le plus important au monde et près de 10 fois celui de l’Allemagne, 19 000 km de lignes de train à grande vitesse, etc.). Les grands projets sont donc appelés à se tasser. Et comme ils ont longtemps été le moteurs de la croissance, la Chine doit se réinventer.

 

Les ménages prêts à prendre la relève ?

Le plus grand espoir de Pékin est de voir la demande des ménages devenir le moteur de croissance. Et il y a de bonnes raisons d’y croire. Entre 2006 et 2015, le salaire annuel moyen des travailleurs urbains a quasi triplé. En 2015, la classe moyenne chinoise approchait les 109 millions d’individus, contre 60 millions seulement en 2000 et 92 millions aux USA en 2015). La Chine a donc créé une vraie classe moyenne, prête à consommer biens et services.

 

Dilemme

Si les dépenses des ménages évoluent à un bon rythme (+ 10 % sur base annuelle en avril pour les ventes de détail), elles ne permettront pas à elles seules de maintenir une croissance de 7 à 8 %. Le tout est de savoir si Pékin se contentera d’une croissance plus faible ou voudra continuer à s’approcher des 7 %, grâce à un recours toujours plus important au crédit, comme pour le moment. Mais la flambée du crédit n’est pas tenable et le taux d’endettement des entreprises, ainsi que la hausse des créances douteuses commencent à soulever des craintes. Si la Chine souhaite donner un coup de pouce aux dépenses des ménages, elle devrait mettre en place un réel système de sécurité sociale. Car, ne sachant pas de quoi l’avenir sera fait et ne disposant que d’une protection réduite, les ménages chinois épargnent près d’un tiers de leur revenu disponible (contre 12,7 % dans la zone euro). En rassurant les ménages, Pékin les inciterait à réduire leur d’épargne et déverserait ainsi des sommes colossales sur son économie.

 

Les services plutôt que l’industrie

Les ménages dépensant toujours plus en loisirs et voyages, leurs dépenses profitent de plus en plus aux services et n’aideront dès lors l’industrie à sortir la tête de l’eau. Aussi longtemps que la priorité passera par les dépenses des ménages, l’avenir sera aux services. Et dans un pays où le taux de pénétration des smartphones compte parmi les plus élevés au monde, le rôle des nouvelles technologies sera loin d’être négligeable.

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