Analyse
Irlande : un modèle à suivre ? il y a un an - mardi 19 juillet 2016

Le Royaume-Uni doit-il suivre l’exemple de sa petite voisine ?

A l’heure où le Royaume-Uni, à la recherche d’une stratégie pour négocier sa sortie de l’Union européenne, évoque une baisse de son impôt sur les sociétés, et au vu des chiffres de croissance interpellants annoncés par l’Irlande, le Royaume-Uni doit-il suivre l’exemple de sa petite voisine ? Pas si sûr...

 

Alors que, pour 2015, l’Irlande avait annoncé au départ une croissance de son PIB, déjà excellente, de 7,8 %, elle publie un chiffre définitif à peine croyable de 26,3 % ! Mais la fulgurante révision ne trouve pas son origine dans une croissance créatrice d’emploi et de richesse. Elle provient surtout du fait que des multinationales, soucieuses de faire baisser leur note fiscale, rachètent des entreprises irlandaises, puis délocalise leur siège social sur l’île émeraude, pour bénéficier de l’avantageux système fiscal local.

De tous les pays concernés par la crise de la dette souveraine, l’Irlande est certes celui qui a le mieux rebondi. C’est grâce à des mesures d’austérité particulièrement difficiles prises par les autorités de Dublin. Et au fait que le marché du travail irlandais, très flexible, permet aux entreprises (et même à l’Etat) de réduire les effectifs en période de crise. Il s’agit aussi d’une économie fondamentalement compétitive. Et Dublin a résisté à la pression des partenaires européens, qui insistaient pour que l’impôt irlandais sur les sociétés soit augmenté.

Depuis des années, le cadre fiscal favorable de l’Irlande a attiré des entreprises, ce qui a créé de l’emploi. Mais aujourd’hui, les niveaux de croissance du PIB atteints ne sont que le résultat de trucs comptables et sont presque entièrement dénués d’avantages pour les Irlandais. Dès lors, même si le Royaume-Uni songe à une législation semblable à celle de l’Irlande, pour palier une éventuelle perte d’accès aux marchés européens, il semble peu probable qu’une croissance obtenue de la sorte soit suffisante pour compenser les dommages du Brexit, surtout au niveau de l’emploi.

 

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