Analyse
Japon : Shinzo Abe pourra lancer une révision de la constitution il y a un an - mercredi 20 juillet 2016

Le parti de Shinzo Abe a gagné les élections sénatoriales et grâce à la majorité des deux tiers obtenue, il pourra lancer la procédure pour réviser la constitution.

Mais nous ne croyons plus au renouveau du pays. Le plan de relance va décevoir. Le Japon devra vivre avec une faible croissance. Vendez vos actions japonaises.
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Vers une constitution autonome

Depuis 1955, le Parti libéral démocrate (PLD) du Premier ministre Shinzo Abe veut doter le Japon d’une constitution, en remplacement de la Loi fondamentale, élaborée en 1947 par les USA. Détenant désormais une majorité des deux tiers dans les deux assemblées parlementaires, il pourra convoquer un référendum pour proposer des changements. La victoire du PLD aux élections ne repose toutefois pas sur cet objectif. Lors de la campagne, Shinzo Abe a préféré mettre l’accent sur ses succès économiques. Il a aussi promis un nouveau plan de relance pour contrer la faiblesse de la consommation et la baisse de l’investissement des entreprises. Et vu que l’opposition, très morcelée, n’a pas d’alternatives, les électeurs ont adhéré à ces recettes.

 

Nouveau plan de relance

Le Premier ministre veut un plan qui pourrait atteindre 10 000 milliards de yen, soit 88,8 milliards d’euros, ou 2 % du PIB. Il veut stimuler les exportations agricoles et améliorer les infrastructures, les transports ferroviaires et les ports, pour développer le tourisme. Il veut améliorer l’accueil des jeunes enfants et des personnes âgées. Il veut relancer les émissions de construction bonds pour financer des travaux publics. Shinzo Abe confirme ainsi qu’il abandonne son objectif d’assainissement budgétaire. Avec le report de la hausse de la TVA, d’avril 2017 à octobre 2019, la dette publique, déjà à 250 % du PIB, continuera d’augmenter. Mais son financement est assuré par la Banque du Japon qui crée des devises et achète directement les obligations.

 

Mêmes recettes

Shinzo Abe prépare ainsi une deuxième version des Abenomics. En 2012, cette stratégie avait redynamisé l’activité économique et permis au pays de sortir de la déflation. Mais le soufflé est retombé. Et aujourd’hui, avec une croissance du PIB de 0,1 % au 1er trimestre (par rapport à un an plus tôt) et une inflation à -0,4 % en mai, l’économie est à la croisée des chemins. Le nouveau plan l’aidera ces prochains trimestres. Mais il n’enclenchera pas une dynamique positive comme en 2012. La crédibilité du Premier ministre et de la Banque du Japon est écornée. Si les électeurs ont encore voté pour Shinzo Abe, c’est faute d’alternative. Une majorité de Japonais ne croyant pas à son programme, il ne faut pas espérer de rebond de la consommation. Et les autorités monétaires n’arrivant plus à affaiblir le yen (qui s’apprécie depuis 12 mois, les entreprises qui n’ont pas relancé leurs investissements ces dernières années ne le feront donc pas aujourd’hui.

Pour assurer son avenir économique, le Japon doit surmonter le déclin démographique et la baisse rapide de la population active. C’est pourquoi Shinzo Abe avait annoncé de grandes réformes en 2012, notamment sur le marché du travail. Mais ces promesses n’ont pas été tenues. A présent l’action économique se concentre sur un plan financé par la création monétaire, auquel nous ne croyons pas.

 

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