Analyse
Les marchés en juin : marqués par le Brexit il y a un an - lundi 4 juillet 2016

Suite au vote favorable au Brexit, les Bourses mondiales ont été plombées par la correction des marchés européens, avant de se reprendre.

Au final, en juin l’investisseur en euro n’aura perdu que 1,5 % sur les Bourses mondiales. Depuis le début de l’année, sa perte atteint 2 %. Mais la volatilité augmente.

 

Devises

– Suite à la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne, la livre sterling a connu un très mauvais mois de juin, perdant environ 8 % de sa valeur face à l’euro et au dollar. La livre a été l’une des rares devises à perdre des plumes face aux grands ténors du marché du change.
– Sans surprise, la garantie d’un financement toujours très bon marché et surabondant (une hausse des taux directeurs américains en 2016 semble de moins en moins probable) a profité aux pays émergents. Sur un mois, le real brésilien s’est apprécié de 13 % face à l’euro. Et, de plus de 16 % en début d’année, les taux d’intérêt auxquels le pays se finance à 10 ans ont reculé vers 12,2 %. De leur côté, la rupiah indonésienne et le rouble russe se sont appréciés de 3,6 % face à l’euro, le rand sud-africain de 7,6 % et la livre turque de 2,9 %.
– Le yen s’est apprécié de 8,3 % face à l’euro. Mais les investisseurs doutent de plus en plus de la capacité de Tokyo à sortir le pays de l’ornière.
Vu le manque de perspectives pour ce pays, vendez vos actions nippones.

 

Obligations

Le manque de visibilité lié au Brexit impacte l’obligataire, dont les prix flambent. De près de 2 % fin avril, le taux américain à 10 ans est replongé vers 1,4 %. Sur la même échéance, le taux britannique a reculé de moitié vers 0,8 %, alors que les taux allemands et japonais touchent de nouveaux minima : -0,13 % pour la dette allemande à 10 ans et -0,25 % pour la dette nippone.
A de tels niveaux, l’obligataire n’est pas intéressant à nos yeux.

 

Bourses

– Rassurées par des sondages favorables au Bremain, les Bourses, orientées à la hausse dans un premier temps, n’ont rien vu venir et ont violemment corrigé à l’annonce du résultat du scrutin. Les performances sont disparates, tant au niveau géographique que sectoriel. Et la volatilité risque de perdurer face à une procédure de divorce qui s’annonce fastidieuse.
– La Bourse britannique a perdu 5,8 % sur le mois, mais c’est uniquement le fait de la chute de la livre. Hors effet devise, elle progresse de 2,4 % en juin et de 3,2 % sur le 1er semestre. Bien entendu, le secteur financier britannique a fort souffert (-16 % en EUR en juin) et reste plus que jamais à risque. Mais pour la plupart des ténors de la cote, des multinationales tournées vers l’exportation et les activités hors Royaume-Uni, les perspectives demeurent. La Bourse de Londres restera généreuse en dividendes (rendement de 3,9 % brut attendu pour 2016) et la légère sous-évaluation de la livre par rapport à l’euro (-11,3 % depuis le début de l’année) nous rassure quant au risque de change.
– En baisse de 5,6 % en moyenne, ce sont les Bourses de la zone euro qui ont le plus souffert en juin. Déjà trop chères, alors que les effets de la politique monétaire de la BCE peinent à se faire sentir, le risque d’un effet tâche d’huile du Brexit a agité les esprits. Ici aussi, les banques et assureurs (-11,9 % sur le mois), déjà plombés par la baisse incessante des taux et une inflation qui ne redécolle toujours pas, ont été les premières victimes. Autre victime significative du Brexit, le secteur des voyages et loisirs. Avec 12 % de la population de l’Union européenne et un peuple très friand de tourisme, l’activité touristique sera impactée par la baisse probable du pouvoir d’achat des Britanniques. En Europe, le secteur a perdu 14,1 % en juin. Globalement, ce sont les pays du sud (qui ont le plus à craindre d’un scénario catastrophe d’une explosion de l’UE et dont le poids des institutions financières dans les indices boursiers est conséquent) qui ont été les plus corrigés.
– Grand gagnant du mois, l’or a gagné 9 %. Nous réitérons notre conseil de mars dernier. Consacrez-y jusqu’à 5 % de vos avoirs via le tracker ETF Gold Bullion Securities ou, si vous êtes amateur de risque, privilégiez les mines d’or via les fonds LO World Gold Expertise PD et Tocqueville Gold.

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