Analyse
Brésil : Dilma Rousseff destituée il y a un an - vendredi 2 septembre 2016

Après des mois de procédure, le Sénat brésilien a confirmé la destitution de la Présidente et son remplacement par le vice-président Michel Temer. Un changement qui n’a rien d’anodin.

Après sa belle progression depuis le début de l’année, la Bourse brésilienne est à nouveau correctement évaluée. Si elle offre certes un potentiel de gains plus limité que par le passé, elle n’en reste pas moins présente dans nos portefeuilles les plus dynamiques et à long terme.

 

Le couperet est tombé : Dilma Rousseff n’est plus Présidente du Brésil. Son remplaçant se nomme Michel Temer, ce qui change beaucoup de choses. Si Dilma Rousseff était issue du parti travailliste et mettait l’accent sur le rôle de l’Etat dans l’économie, son successeur est en effet issu d’un parti de centre-droite, désireux de remettre de l’ordre dans les comptes publics, de réformer le secteur public et la sécurité sociale et de rassurer les investisseurs.

 

Ce n’est donc pas une surprise si les marchés sont ravis de voir arriver ce réformateur qui devrait donner aux ménages, aux investisseurs, et in fine, à l’économie brésilienne, cette confiance dont ils ont bien besoin.

 

Largement anticipé, ce changement a permis au real brésilien de s’apprécier de 19 % par rapport à l’euro depuis le début de l’année, aux taux à 10 ans de baisser de plus de 16 % à environ 12 % et à l’indice Bovespa de la Bourse de São Paulo de progresser d’un tiers sur la même période.

 

La tâche de Michel Temer sera toutefois loin d’être aisée. S’il a insisté sur ses instincts réformateurs dès son discours d’investiture, les réformes de la fonction publique et de la sécurité sociale s’annoncent en effet très controversées, d’autant qu’elles devront se faire à un moment où l’économie connaît une forte récession avec une chute de la croissance de 3,8 % au 2e trimestre. Au parlement, il sera confronté au parti travailliste qui, déchu du pouvoir, risque de mener une opposition farouche.

 

Faut-il dès lors encore investir au Brésil ? Paradoxalement, la réponse est toujours oui, même si nous sommes moins enthousiastes que par le passé. Après sa forte appréciation, le real est ainsi aujourd’hui proche de sa juste valeur par rapport à l’euro, la Bourse de São Paulo a suivi la même trajectoire et l’obligataire d’Etat doit composer avec un real désormais à l’équilibre et des rendements obligataires en baisse. Ces actifs offrent donc selon nous un potentiel moins intéressant que par le passé, mais encore suffisant pour rester présents dans nos portefeuilles à titre de diversification.

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