Analyse
Brexit : le calme après la tempête ! il y a un an - mardi 27 septembre 2016

La Bourse de Londres est-elle intéressante ?

Le 23 juin, le vote des Britanniques en faveur du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne a provoqué un tsunami financier. Mais très vite, le calme est revenu. Certes, les négociations pour le Brexit seront responsables de turbulences. Mais nous croyons en une issue qui préservera l’intérêt commun. Et si l’économie britannique souffrira inévitablement, elle est assez robuste pour surmonter ce contretemps.
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Non-événement ?

Ventes au détail en croissance annuelle de 6,2 %, taux de chômage à seulement 4,9 % de la population active, salaires en hausse, inflation contenue à 0,6 %, croissance industrielle de 2,1 % : la plupart des statistiques du Royaume-Uni sont positives. Seul le secteur immobilier a ralenti cet été. Et finalement, hormis la livre qui s’est dépréciée de 10 %, les conséquences du vote du 23 juin sont limitées. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, accusé avant le scrutin de prendre parti à cause de ses mises en garde, a dû se justifier. Il a eu beau jeu d’expliquer la résistance de l’économie par sa politique monétaire. Il est vrai que la Banque d’Angleterre a vite réagi. Le 4 août, elle a baissé son taux directeur de 0,50 à 0,25 %, et elle a repris ses injections de liquidités (achat de dette publique pour 60 milliards de livres lors des six prochains mois et d’obligations d’entreprises pour 10 milliards en 18 mois). Elle a enfin lancé un nouveau programme de refinancement des banques et organismes de crédits hypothécaires, afin que la baisse des taux se répercute dans l’économie réelle.

 

Interminable veillée d’armes

Le Brexit a eu des répercussions politiques, dont la démission de David Cameron. C’est Theresa May qui a repris le poste de Premier ministre. Elle a aussitôt formé un gouvernement pour négocier le Brexit, avec un Ministre de la Sortie de l’Union européenne. Les instances européennes se sont aussi mises en ordre de bataille. Trois négociateurs ont été désignés, un pour le Parlement européen, un pour le Conseil européen et un pour la Commission européenne. Et maintenant, il revient au Royaume-Uni d’officiellement annoncer sa volonté de partir. Mais Theresa May n’est pas pressée. Lorsqu’elle est questionnée sur les détails, elle élude invariablement le calendrier et les modalités pratiques. Avant de lancer la procédure qui ne prévoit que deux ans pour finaliser le divorce, les Britanniques voudraient négocier en coulisses. Mais du côté de l’Union européenne, la position officielle est claire : pas de négociations avant le déclenchement officiel de la procédure. Même si des discussions informelles ont probablement lieu, c’est le premier différend à aplanir. Et il y a en a beaucoup d’autres.

 

Eviter les fractures

La volonté du Royaume-Uni est de garder un accès aussi large que possible au marché européen, tout en pouvant mettre des barrières à la libre circulation des personnes. Inacceptables pour les institutions européennes et plusieurs pays membres, ces demandes trouvent une oreille plus attentive chez d’autres. Le Premier ministre slovaque a déclaré que l'Union européenne fera en sorte que le Brexit soit très douloureux pour le Royaume-Uni. Il a résumé ainsi de façon fort peu diplomatique le sentiment du camp des intransigeants. La Suède préconise quant à elle un accord préservant au maximum les relations actuelles (100 000 ressortissants suédois et 1 000 entreprises sont installés au Royaume-Uni). L’enjeu du Brexit ne se limite donc pas aux relations entre Londres et le reste de l’Europe. Il concerne aussi l’avenir politique de l’Union européenne. Ce ne sera pas facile de trouver une médiane qui satisfait tout le monde, mais c’est la seule solution pour éviter le fractionnement de l’Europe.

 

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