Analyse
Acheter des obligations en livre sterling ? il y a 11 mois - mercredi 19 octobre 2016

Face au rebond des taux d’intérêt et au recul de la livre sterling, que faire ?

Si notre stratégie de placement conseille toujours l’achat d’actions sur la Bourse de Londres (constituée de beaucoup de multinationales, peu concernées par le Brexit), nous ne conseillons pas les obligations britanniques. Car l’avenir ne s’annonce pas favorable pour la livre. Et les taux risquent d’encore monter. Nous vous expliquons pourquoi.


En septembre, l’inflation britannique a poursuivi sa hausse

L’inflation britannique a atteint 1 % le mois passé, pour la première fois depuis novembre 2014, poussée par les prix des produits importés (notamment les combustibles et les textiles), devenus plus chers suite à la chute de la livre. Et cette chute de la livre s’étant accentuée depuis début octobre, il y a fort à parier que l’inflation va encore progresser.

 

Les taux britanniques sont en nette hausse

Bien sûr, une hausse des taux directeurs britanniques n’est pas dans les intentions de la Banque d’Angleterre, décidée à limiter tant que possible l’impact négatif du Brexit sur l’économie. Mais avec une inflation en hausse, les investisseurs exigent un rendement plus élevé de leurs placements en obligations. Les émetteurs d’obligations doivent dès lors offrir de meilleurs taux. Les taux obligataires britanniques sont dès lors en hausse. Bien sûr, à peine supérieurs à 1,1 %, ils restent historiquement bas. Mais ils ont plus que doublé depuis les minima d’août et ont connu une véritable flambée depuis les 0,7 % de début octobre.

 

La livre sterling peut encore baisser, les taux peuvent encore monter

Le manque de visibilité sur l’avenir continuera de freiner les investissements au Royaume-Uni et en livre, ce qui pèsera sur le cours de la devise. S’il est vrai qu’elle est déjà sous-évaluée face à l’euro, il est aussi vrai qu’elle risque de poursuivre sa descente.
De plus, alors que la balance courante britannique est en déficit, le gouvernement est décidé à laisser filer le budget. Les besoins de financement du pays seront donc très élevés à court et moyen terme. Et pour séduire les investisseurs (notamment les étrangers, effrayés par l’incertitude ambiante), il faudra offrir des taux séduisants.

 

Les rendements actuels des obligations ne sont pas fameux

Certes le taux à 10 ans dépasse actuellement 1,1 %. Mais le taux réel est à peine positif puisque, dans le même temps, l’inflation atteint 1 %. Et puisqu’elle est appelée à augmenter encore, les rendements actuels sont peu intéressants pour l’investisseur.
Restez dès lors à l’écart.

 

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