Analyse
Chute de la livre : une chance pour le Royaume-Uni ! il y a 11 mois - mercredi 26 octobre 2016

Présentée par certains comme une menace, la dépréciation de la livre peut au contraire être une chance pour l’économie anglaise.

Les actions britanniques sont bon marché et peuvent représenter 15 % d’un portefeuille diversifié via le fonds Threadneedle UK Equity Income et/ou les actions Pearson, Vodafone et Rio Tinto.

 

Le recul de la livre aura d’importantes répercussions

La plus visible sera une hausse de l’inflation. Le coût des produits importés augmentant automatiquement, les producteurs et commerçants sont obligés de répercuter cette hausse sur le prix des biens à la consommation. Pour les Britanniques qui passent leurs vacances à l’étranger, la facture est déjà 20 % plus élevée que début juin. A l’inverse, pour les étrangers, un séjour au Royaume-Uni coûte moins cher. Tout profit pour le tourisme. Ce qui vaut pour les particuliers vaut aussi pour les entreprises. La chute de la livre renforce la compétitivité des exportateurs britanniques. Elle leur permet de conquérir de nouveaux marchés et de doper leurs bénéfices. C’est par contre un fléau pour les sociétés qui réalisent leurs ventes au Royaume-Uni, mais s’approvisionnent à l’étranger.

Ce n’est pas la première fois que la livre se déprécie aussi vite

Entre mi-2007 et début 2009, la livre s’était déjà dépréciée de 25 %face à un panier de devises. Et globalement, l’impact fut positif. Le volume des importations a baissé, tandis que les exportations ont augmenté, malgré la récession mondiale. Le déficit commercial est passé de 3 % du PIB au 2e trimestre 2007 à 0,9 % au 1er trimestre 2011. Cela a soutenu l’activité et permis au pays de surmonter la crise financière et la récession. Par contre, les ménages ont vu leur pouvoir d’achat s’éroder. L’inflation a dépassé 5 % en 2008 et est restée élevée plusieurs années, sans ajustement correspondant des salaires et des prestations sociales.

 

Le nouveau recul de la livre aura le même impact qu’en 2007

Certains produits sont déjà plus chers dans les magasins, tandis que le nombre de touristes et le montant de leurs dépenses ont atteint un pic historique en juillet. Mais la dépréciation de la livre est aussi une occasion de corriger les dérives de l’économie. Ces dernières années, l’immobilier et la consommation des ménages ont en effet pris une place croissante, au détriment de l’investissement des entreprises. Dans ce cadre, la chute de la livre est bienvenue : elle pourrait entraîner une hausse des taux et une baisse des prix immobiliers et des taux de change. De quoi freiner le boom immobilier et l’endettement des ménages, éviter ainsi la formation d’une bulle et d’une crise de la dette.

 

La Bourse de Londres reste sereine

L’indice FTSE a atteint un record. Il est vrai que les deux tiers des 100 entreprises qui le composent, exportent. Certes, pour l’investisseur étranger, les gains des actions britanniques sont effacés par la chute de la livre. Mais à terme, cette dépréciation sera positive pour l’économie et les actions britanniques, et notamment :
– Pearson : Le groupe d’édition réalise ± 60 % de ses revenus aux USA, ne devrait être que peu affecté par l’affaiblissement de l’économie britannique et voir ses résultats profiter de la baisse de la livre. Son recentrage sur l’édition scolaire et les investissements dans le domaine numérique sont en outre des atouts dont le cours ne tient pas compte. Le marché sous-estime la capacité du groupe à rebondir. Profitez de la faiblesse du cours.
– Vodafone : Pour l’opérateur télécom, le Royaume-Uni ne représente plus que 15 % du chiffre d’affaires et 11 % du résultat opérationnel. Après des années de vaches maigres, le groupe a retrouvé la croissance. Il récolte les fruits d’une réorganisation qui a permis d’enrichir son offre télécom, par des acquisitions ciblées (câblo-opérateurs en Allemagne, en Espagne). Il est désormais mieux armé pour tirer son épingle du jeu.
– Rio Tinto : Le cours du groupe minier anglo-australien profite de la remontée du prix des matières premières (cuivre, minerai de fer), poussé par les spéculations sur le niveau de consommation de l’industrie chinoise. Rio Tinto a réduit ses investissements pour défendre sa solidité financière. L’action est volatile mais conserve un potentiel de hausse.

 

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