Analyse
Un placement en Chine vaut toujours le coup ! il y a un an - jeudi 3 novembre 2016

La Chine annonce une croissance trimestrielle de 6,7 % mais le yuan est au plus bas depuis 2010 face au dollar.

Malgré la bonne tenue des dépenses des ménages, nous tablons sur une croissance de l’ordre de 5 % sur 2017-2018 et autour de 3,5 % à long terme. Des chiffres en retrait face aux niveaux actuels, mais plus dynamiques que la plupart des économies industrialisées et suffisants pour justifier un placement.
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La croissance en Chine a beau être conforme aux objectifs, elle ne suffit plus à rassurer.

Depuis des années, l’objectif de Pékin est clair : passer d’une économie dont les moteurs sont l’investissement et les exportations, à un modèle où le marché intérieur est le moteur de la croissance, le tout en gardant des taux de croissance élevés (6,5 % à 7 % pour 2016). Pour y parvenir, Pékin compte sur la forte amélioration du pouvoir d’achat des Chinois, obtenue grâce à des salaires moyens qui ont presque triplé (en yuan) entre 2006 et 2015. Hélas, si les ménages ont bien augmenté leur consommation – dont la hausse annuelle dépasse les 10 % depuis des années –, leurs dépenses restent insuffisantes. En cause, la part réduite des dépenses des ménages dans le PIB. En 2014, elles ne représentaient que 38 % du PIB, contre ±70 % aux USA. Autre raison : un taux d’épargne des ménages toujours plus élevé. En cause, l’offre limitée de prestations sociales (éducation, santé, chômage) qui incite à une plus grande prudence, mais aussi la volonté des ménages d’accéder à la propriété. Face à l’envol des prix de l’immobilier, la nécessité de constituer un solide bas de laine pour y parvenir est de plus en plus pressante.

 

Le boom immobilier découle de la politique de relance mise en place par Pékin.

Face aux difficultés à appliquer le nouveau modèle économique tout en respectant leurs objectifs de croissance, les autorités savent qu’elles ne sauraient se passer de l’investissement et des exportations. Elles ont donc choisi d’inonder les marchés de crédit très bon marché afin de favoriser un renouveau de l’investissement. Autrefois, celui-ci visait surtout la création ou le renouveau d’outils de production pour répondre à la demande étrangère ou remettre à niveau l’infrastructure du pays. Mais aujourd’hui, la flambée du crédit inquiète. D’abord, parce qu’elle se poursuit à un rythme effréné (+13 % sur un an en septembre), alors que le secteur financier est déjà très endetté. Ensuite, parce que ce crédit est surtout utilisé par des promoteurs immobiliers et pour des projets d’infrastructure dont la viabilité est moins évidente que par le passé. Ce n’est donc pas une surprise si les craintes à l’égard de la Chine refont surface et si Pékin limite peu à peu le crédit aux promoteurs immobiliers.

 

La chute du yuan est-elle un signe de défiance des investisseurs étrangers ?

En partie oui, mais pas seulement. Depuis des années, l’un des principaux objectifs de la Chine était d’offrir au yuan une dimension globale. Afin de montrer qu’il s’agit d’une devise stable, le yuan a très peu bougé face au dollar, alors que les concurrents asiatiques de la Chine faisaient tout pour affaiblir leur devise et gagner un avantage compétitif. Hormis une légère dévaluation, en août 2015, Pékin a résisté à la tentation de faire de même et a obtenu gain de cause, le yuan devenant l’une des devises de réserve du FMI. Seulement voilà, ses objectifs étant atteints, la Chine a désormais une plus grande liberté pour permettre au yuan de glisser face au dollar. Or, cela arrive juste quand la Fed annonce une hausse prochaine de ses taux directeurs et où le dollar se renforce face à la plupart des autres grandes devises. Pékin se contente donc de laisser faire les marchés. Depuis le début de l’année, le yuan a cédé 4 % face au dollar et est ainsi au plus bas depuis 2010.

 

Tôt ou tard, la Chine connaîtra des taux de croissance moindres. Plus la flambée du crédit perdurera, plus les chances de voir l’économie chinoise atterrir en catastrophe sont hautes. Pékin en est bien consciente et essaie de limiter le crédit. Mais ses mesures sont pour l’instant trop timides, par crainte de voir l’économie rater les objectifs de croissance.

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