Analyse
La BCE plombe l’euro il y a 9 mois - mardi 20 décembre 2016
La semaine passée, l’euro a touché son niveau le plus bas face au dollar depuis 2003, à moins de 1,04 USD.
La BCE plombe l’euro

La BCE plombe l’euro

Quoi qu’il en soit, nous ne conseillons pas pour autant d’investir en obligations en dollar, mais nous conseillons toujours les actions américaines dans notre stratégie.

Largement signalée par la Fed, la décision d’augmenter les taux directeurs américains vers l’intervalle de 0,5%-0,75% n’a rien eu de surprenant. Néanmoins, l’euro a souffert.
En cause, le différentiel de taux croissant entre les USA et la zone euro. Anticipant la normalisation graduelle de la politique monétaire aux USA, le taux américain à 10 ans a atteint 2,6%. Et un peu partout dans le monde, les taux obligataires ont suivi à la hausse. Mais pas dans la zone euro. Suite à la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de repousser la fin du programme de rachat de dette à décembre 2017 (au plus tôt) et donc d’injecter 540 milliards d’euros supplémentaires sur les marchés l’an prochain, les taux obligataires dans la zone euro sont restés stables depuis le début du mois (et ont même reculé en Italie et en Espagne).
Le différentiel de taux entre la dette allemande et la dette américaine à 10 ans vient d’atteindre 2,3%, un nouveau maximum historique. La dette souveraine italienne (1,9% à 10 ans) et la dette espagnole (1,45%) offrent elles aussi des taux bien moins élevés que la dette américaine et ce, alors même que les risques inhérents à ces deux pays sont beaucoup plus élevés, avec des niveaux d’endettement plus inquiétants et une solidité douteuse des systèmes financiers. Rien d’étonnant dès lors à ce que les investisseurs délaissent l’obligataire européen pour celui libellé en dollar. Mais comme la BCE continue d’acheter les obligations dont les investisseurs ne veulent pas, l’impact sur les taux européens reste limité. Plus que les taux, c’est donc l’euro, au plus bas depuis 13 ans, qui subit les conséquences de l’intervention omniprésente de la BCE.
Quoi qu’il en soit, les obligations de la zone euro restent à éviter car plus les taux sont maintenus artificiellement bas par la BCE, plus le réveil sera difficile lorsqu’elle se retirera. Faut-il pour autant investir en obligations d’Etat américain ? Nous ne le pensons pas. Bien sûr, la cherté du dollar par rapport à un nombre croissant de devises limitera la hausse des prix des biens importés. Mais vu les stimuli promis par Donald Trump alors que l’économie américaine est déjà proche du plein emploi, un retour de l’inflation (modérée) semble inévitable. Mieux vaut donc investir aux Etats-Unis par le biais des actions.

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