Analyse
Bilan de 2016, prévisions pour 2017 : interview de Pierre Samain il y a un an - lundi 26 décembre 2016
Pierre Samain est expert en placements chez Test-Achats invest.
Bilan de 2016, prévisions pour 2017 : interview de Pierre Samain

Bilan de 2016, prévisions pour 2017 : interview de Pierre Samain

La Bourse américaine a affiché plusieurs records en 2016. Comment l’expliquez-vous ?

Les investisseurs ont entamé 2016 en s’inquiétant du possible relèvement des taux directeurs par la banque centrale américaine. La bonne tenue de la croissance économique (créations d’emplois, consommation, immobilier…) plaidait en effet dans ce sens. Mais, contrairement aux attentes, la banque centrale s’est finalement montrée patiente, en repoussant le moment du relèvement. Par ailleurs, le pétrole s’est stabilisé avant de remonter, ce dont a bénéficié l’important secteur de l’énergie du pays. Enfin, l’élection de Donald Trump a donné un nouveau coup de pouce aux Bourses, qui anticipent les effets de ses mesures de soutien sur la croissance.

L’élection de Donald Trump modifie-t-elle votre scénario pour 2017 ?

Si les mesures annoncées pendant la campagne électorale sont réellement mises en œuvre, cela donnera un coup de pouce à la croissance américaine en 2017 et en 2018. Nous sommes par contre réservés à plus long terme, puisque ces mesures risquent d’entraîner un dérapage de la dette et une accélération de la hausse des taux. Une telle hausse pèserait in fine sur l’économie. Quoi qu’il en soit, l’économie américaine est plus en forme que chez nous et les actions américaines méritent toujours une place dans un portefeuille diversifié. Au vu de leur hausse ces dernières années, nous limitons toutefois leur poids à une dizaine de pour-cent, ce qui est en deçà de la moyenne du marché. C’est le bon moyen de se prémunir en cas de retournement inopiné des marchés.

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus pour 2017 ?

Je pense que le risque politique sera en 2017 un des éléments les plus anxiogènes dans la zone euro. Les échéances politiques (élections aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, stabilité politique en question en Italie et en Espagne) pourraient accroître une incertitude déjà élevée, entraînant des reports d’investissements des entreprises et des décisions de consommation des ménages. La remontée des taux obligataires serait également la conséquence d’un stress plus élevé sur les marchés. Nous conseillons donc aux investisseurs beaucoup de prudence vis-à-vis de la zone euro et restons globalement à l’écart de ses actions peu attractives. Notre comparateur d’actions permet de voir quelles actions nous conseillons. Nous privilégions particulièrement les entreprises capables de défendre leur rentabilité et de bien rémunérer leurs actionnaires par des dividendes.

Faut-il acheter des obligations, compte tenu de l’actuelle hausse des taux ?

Si les USA financent leur croissance par la dette, cela se traduira par la poursuite de la remontée des taux. Les taux américains sont d’ailleurs déjà plus élevés qu’en Europe. Le taux américain à 10 ans atteint déjà 2,30 %, alors qu’en Belgique, il est de 0,70 % seulement. Il est toutefois encore trop tôt pour revenir sur l’investissement obligataire, certainement tant que les taux restent sur une pente ascendante. En Europe, les taux devraient aussi progresser, mais à un rythme moins soutenu. Là aussi, ils sont encore beaucoup trop faibles pour considérer de bloquer votre argent dans une obligation pendant plusieurs années.
A toutes fins utiles, consultez néanmoins notre comparateur d’obligations.

 

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