Analyse
Quel avenir pour le dollar américain? il y a 10 mois - mardi 31 janvier 2017
L’euro a finalement bien rebondi face au dollar. Et il n’est pas le seul. Faut-il dès lors encore investir en dollar ?
Quel avenir pour le dollar américain ?

Quel avenir pour le dollar américain ?

Alors qu’il y a quelques semaines, les marchés pariaient sur une hausse du dollar, et un retour à la parité USD/EUR, notre devise est remontée à 1,07 USD (contre 1,04 USD fin 2016).
Le dollar américain est cependant toujours surévalué face à l’euro.
– Evitez les obligations en dollar, dont le rendement ne suffira pas à compenser un éventuel recul du dollar.
– Achetez toujours les actions américaines (dont le rendement devrait largement compenser une éventuelle perte sur le dollar), pour 10% de vos avoirs via les fonds DPAM CAP B EQUITY US Dividend, iShares Core S&P 500 ETF et LM CB US Large Cap. Growth.
– Côté actions individuelles, achetez General Electric, IBM, Exxon, Intel ou Schnitzer Steel.

Pourquoi le dollar a-t-il grimpé fin 2016 ?

Si l’euro s’est déprécié face au dollar fin 2016, c’est parce que la BCE a décidé de garder son taux directeur à 0% et de prolonger ses injections de liquidités jusque fin 2017, alors qu’aux Etats-Unis, la Fed a procédé à une seconde hausse des taux directeurs en décembre et prévoit trois nouvelles hausses en 2017. A cela s’ajoute l’élection de Donald Trump, dont les mesures devraient accélérer la croissance américaine. Dans une conjoncture déjà marquée par un chômage très réduit et une forte hausse des salaires, ces stimuli risquent de provoquer une surchauffe de l’économie et donc un retour de l’inflation. Pour toutes ces raisons, les taux obligataires ont augmenté aux USA. Et comme en Europe, les taux sont bridés par la BCE, ils ne peuvent suivre cette tendance. Le différentiel qui sépare les taux des deux régions est donc en nette hausse et, sans surprise, les investisseurs préfèrent le dollar à l’euro. A tout cela s’ajoute la volonté de Trump d’inciter les sociétés américaines à rapatrier des capitaux vers les Etats-Unis, créant ainsi une demande supplémentaire pour le dollar.

Mais Trump ne veut pas d’un dollar fort

A chaque fois que les USA ont adopté une politique protectionniste, ils l’ont accompagnée d’un affaiblissement du dollar. Et pour cause : imaginons des tarifs douaniers de 20% imposés aux produits mexicains ou chinois (pour écorner la compétitivité de ces pays). Si, dans le même temps, le dollar s’apprécie de 20% face au peso ou au yuan, l’effet de ces tarifs serait anéanti. Trump a donc clamé haut et fort que le dollar était très cher et que cela devait changer. Et pour l’instant, les marchés hésitent à s’opposer au président sur ce terrain. D’autant plus le cas que, manquant toujours de visibilité sur les années Trump, les entrepreneurs ne s’empressent pas d’investir aux USA.

Les pays émergents au secours de leur devise

Donald Trump ne cache pas son animosité envers la Chine et menace de classer le pays parmi les manipulateurs de devises. Une décision qui serait ironique à ce stade : si la Chine intervient actuellement sur les marchés, c’est pour mieux soutenir le yuan face au dollar. Sur un an, le yuan a perdu 4% et, craignant une poursuite de la dépréciation (et donc une accélération des fuites de capitaux), Pékin soutient sa devise en vendant une partie de ses réserves de devises (dont des obligations en dollar). La Chine joue donc, pour l’instant, le rôle improbable d’allié du nouveau président, contribuant à affaiblir le dollar. Et elle n’est pas la seule. Car la cherté du dollar et la hausse des taux aux USA est une mauvaise chose pour les émergents en général : cela renchérit le coût des financements et cela pose problème pour les sociétés locales endettées en devise étrangère. Turquie et Mexique ont ainsi été forcés d’intervenir.

 

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